Nos vies valent plus que leurs profits

République démocratique du Congo : la colère remonte des mines

En République démocratique du Congo (RDC), la révolte des travailleurs est contagieuse face à des conditions de vie et de travail insoutenables.

Secteur minier : une colère explosive

Dans les mines de cobalt, de cuivre, de coltan et d’autres minerais, les grèves se multiplient. Sur le site de Kisanfu, exploité par Kisanfu Mining (Kimin), liée au groupe chinois China Molybdenum, des centaines de travailleurs ont cessé le travail en octobre 2025 : « Nous travaillons comme des machines, sans repos ni reconnaissance. » Ils évoquent des cadences atteignant jusqu’à 336 heures par mois, pour des salaires dérisoires et sans compensation digne de ce nom, mais aussi le racisme des superviseurs étrangers.

À Kolwezi, au sein de la Kamoto Copper Company (KCC), ce sont cette fois les conditions de sécurité qui sont pointées du doigt par les mineurs qui sont entrés en lutte fin 2025. Car les sites sont régulièrement envahis par des creuseurs clandestins, symptôme de la misère généralisée et de l’incurie de l’État. Les affrontements avec ces derniers se multiplient, ce qui met les travailleurs en danger.

Dans une autre ville du sud du pays, Lumumbashi, les agents de la Compagnie minière de développement (CDM) sont entrés en grève en janvier et ont manifesté devant l’Assemblée provinciale de leur région, le Haut-Katanga, pour imposer le respect du salaire minimum et une revalorisation des revenus face à l’explosion du coût de la vie.

Dans le secteur minier, la colère ne cesse ainsi de croître et de s’étendre. Et l’on comprend pourquoi, dans ce pays où les travailleurs sont à l’origine de l’immense richesse qui alimente les industries de pointe, de la Silicon Valley à d’autres pôles technologiques. Car à l’extraction de minerais rares, génératrice de profits colossaux, répond une exploitation humaine tout aussi démesurée.

Une contestation qui dépasse largement les mines

Au-delà des mines, c’est toute la classe ouvrière de RDC qui est en ébullition. Depuis des années, et avec une intensité accrue ces derniers mois, dans les hôpitaux et les écoles, les travailleurs se mettent en grève pour protester contre les retards de paiement, la précarité des conditions de travail et le non-respect des engagements pris par les autorités.

Malgré la répression, mais aussi en dépit des guerres et de la présence de groupes armés qui ravagent le pays depuis des décennies, les travailleurs de RDC continuent de faire preuve d’une grande combativité.

Martin Eraud

 

 


 

 

Sommaire du dossier du numéro 56 de Révolutionnaires