Alors que Trump intensifie les agressions militaires partout dans le monde, une vague de grèves a lieu depuis le début de l’année. C’était le cas depuis le début de son second mandat dans les services publics, notamment l’éducation et la santé, contre les coupes drastiques de l’administration. Mais depuis deux mois, des grèves secouent également l’industrie manufacturière et l’agroalimentaire.
Une des plus importantes a eu lieu dans l’une des plus grosses usines de transformation de viande du pays, à Greeley, dans le Colorado. Le 16 mars, 3 800 ouvriers ont débrayé, une première depuis 1980. La majorité de ces travailleurs sont des immigrés – plus de 50 langues sont parlées dans l’usine. La grève a duré trois semaines, et la direction a dû notamment céder sur l’augmentation des salaires de 1,50 dollar par heure et l’arrêt du prélèvement sur les salaires des sommes pour fournir ou remplacer les équipements de protection.
Des grèves ont également eu lieu au Minnesota, à Paynesville, dans l’usine laitière AMPI Dairy, pour exiger des augmentations et de meilleurs soins de santé, ainsi que dans l’État de Washington, dans l’usine agroalimentaire Welch’s.
Une des grèves les plus significatives a eu lieu sur le chantier de construction navale de la marine américaine du groupe General Dynamics Bath Iron Works, dans le Maine. Le 23 mars, 630 ouvriers ont débrayé pour exiger, là encore, des augmentations de salaire. Un véritable pied de nez au ministre de la Guerre, Pete Hegseth, qui déclarait quelques jours plus tôt que les ouvriers de l’armement devaient augmenter les cadences pour faire face aux besoins provoqués par l’agression contre l’Iran.
Le lendemain, les ouvriers de l’usine de Freudenberg-NOK de Findlay, dans l’Ohio, débrayaient aussi. Ils fabriquent des technologies d’étanchéité essentielles aux chaînes d’approvisionnement industriel. La grève dure encore, pour de meilleures protections au travail, ainsi que des augmentations.
Cette liste est loin d’être exhaustive. Certes, ces grèves restent séparées les unes des autres, avec chacune ses revendications. Mais elles démontrent que face à la brutalité croissante de l’impérialisme, même dans la principale puissance, les travailleurs et travailleuses refusent de se laisser faire. Plus l’escalade guerrière menée par l’impérialisme américain s’accélérera, plus ses contradictions peuvent éclater en luttes de classe.
Aurélien Pérenna
Sommaire du dossier du numéro 56 de Révolutionnaires
- Le 1er mai, journée internationale de lutte de la classe ouvrière
- Face à Trump et au patronat américain : vague de grèves dans la principale puissance impérialiste
- Contestation sociale et politique en Iran
- République démocratique du Congo : la colère remonte des mines
- De la flambée des prix… à la flambée des luttes ?
- Changer le monde : plus qu’un vieux rêve, une perspective internationaliste d’actualité