La guerre en Iran, avec l’augmentation des prix de l’énergie et la multiplication des ruptures d’approvisionnement, a déjà des conséquences importantes sur l’économie mondiale. C’est en effet l’occasion pour les capitalistes d’intensifier la guerre de classe, qu’ils mènent à coups de licenciements et d’aggravation des conditions de travail, mais surtout d’une inflation destinée à maintenir leurs profits. Et pour les travailleurs, c’est l’occasion de riposter avec leur arme propre : la grève, notamment pour imposer l’augmentation des salaires face à l’envolée des prix.
Dans de nombreux pays, on observe des mobilisations en ce sens. Aux Philippines, pays très dépendant du Moyen-Orient pour son approvisionnement en énergie, des manifestations importantes ont eu lieu fin mars, notamment à l’appel des syndicats des transports (dans un contexte où nombreux sont ceux qui préfèrent aller au travail en Jeep ou en bus pour éviter de payer trop cher). Le gouvernement a réagi en ne proposant que quelques miettes (des primes ponctuelles largement insuffisantes), et en déclarant en grande pompe un « état d’urgence énergétique » qui ne changera strictement rien au problème de fins de mois des salariés. Mais la colère est toujours là, comme le montrent de nouvelles journées de grève dans le secteur des transports publics mi-avril.
En Inde, où depuis plusieurs mois des manifestations massives avaient lieu contre la casse du code du travail par le président Modi (avec le 12 février 300 millions de grévistes dans la rue), des grèves pour les salaires ont éclaté dans de nombreuses villes en avril, notamment dans les centrales électriques ou dans l’automobile, où certains salariés ont réussi à arracher 35 % d’augmentation.
En Corée du Sud, 40 000 salariés de Samsung ont manifesté le 23 avril et menacent de faire grève plusieurs semaines à partir du 21 mai, pour obtenir leur part des 35 milliards de profits réalisés par leur entreprise au premier trimestre 2026, dont ils n’ont pas vu la couleur.
Le 1er mai sera l’occasion pour tous ces travailleurs et travailleuses de se réunir et de se faire entendre. Quel que soit leur pays, ils et elles sont victimes des mêmes attaques, alors que malgré la crise et les tensions internationales, la bourgeoisie n’a jamais été aussi riche (et pas seulement celle des puissances impérialistes). Espérons que ce soit une étape de remontée des luttes, seule à même d’imposer au patronat une augmentation significative des salaires et leur indexation sur les prix.
Robin Klimt
Sommaire du dossier du numéro 56 de Révolutionnaires
- Le 1er mai, journée internationale de lutte de la classe ouvrière
- Face à Trump et au patronat américain : vague de grèves dans la principale puissance impérialiste
- Contestation sociale et politique en Iran
- République démocratique du Congo : la colère remonte des mines
- De la flambée des prix… à la flambée des luttes ?
- Changer le monde : plus qu’un vieux rêve, une perspective internationaliste d’actualité