Nos vies valent plus que leurs profits

Outre-mer : l’esclavage n’est pas seulement un sujet mémoriel

Alors que l’on vient de célébrer la Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage, il est bon de rappeler que la problématique de l’esclavage n’est pas seulement un sujet mémoriel mais est toujours d’actualité dans nombre de territoires ultra-marins. C’est ainsi qu’en Guadeloupe, en Martinique, à la Guyane et à La Réunion, des collectifs exigent des réparations non plus seulement de la part de l’État, qui a instauré le système, mais aussi de grandes familles de blancs, appelés « békés » en Martinique et « blancs-pays » en Guadeloupe, qui se sont enrichies sur la sueur des esclaves. Leurs descendants, comme Christian Vivès et Bernard Hayot, sont des figures économiques de premier plan qui contrôlent largement l’économie des Antilles. Une partie importante des terres, de l’agroalimentaire ou de la grande distribution reste concentrée entre les mains de ces héritiers de fortunes construites pendant la période esclavagiste. À l’autre bout de l’échelle, la proportion de familles qui vivent en dessous du seuil de pauvreté est nettement plus élevée qu’en Métropole. Avec l’abolition, les esclaves sont devenus prolétaires et leurs propriétaires capitalistes. Un jour ou l’autre il faudra bien leur faire rendre gorge.