
Il y a un peu plus d’une semaine, la direction d’Airbus proposait 500 euros de prime exceptionnelle pour « compenser » les 2400 euros manquants entre la prime de participation versée l’an passé (4 400 euros en moyenne) et celle versée cette année (2 000 euros en moyenne). À cette annonce, des salariés se sont mis en grève à plusieurs reprises et sur plusieurs sites d’Airbus en France. Airbus réalise des profits record généreusement versés aux actionnaires ou au PDG (+ 35 % de salaire cette année), mais pour les salariés c’est 50 % en moins sur la prime. Alors à Toulouse, des manifestations ont eu lieu dans les hangars des chaînes d’assemblage, des rassemblements pour huer la direction sous ses fenêtres lors de réunions de négociation et surtout des assemblées de grévistes, petites mais assez déterminées pour reconduire et proposer de nouveaux rendez-vous jour après jour. En bref, une ambiance qu’on n’a pas la chance de croiser tous les jours à Airbus. Ce devait être aussi l’avis de la direction qui a tout fait pour essayer de contenir la colère, notamment en faisant régler les réveille-matin des RH et autres chefs quelques heures plus tôt pour assurer une pression continue.
Si le nombre de grévistes ne suffit pas encore pour faire flancher la direction, pour la plupart c’est la première fois qu’ils s’opposent frontalement à leurs chefs d’équipe ou à leurs délégués syndicaux respectifs. De fait, seule la CGT Airbus a appelé et soutenu la grève. D’autres syndicats très majoritaires en production comme FO-Airbus ont estimé que les propositions de la direction étaient suffisantes.
Cette première expérience de grève sera sans doute décisive pour les prochains combats. Et cela sans compter les rencontres entre différentes équipes de grévistes venus des quatre coins des sites toulousains, qui se sont connues et reconnues les unes les autres, représentant des grévistes de tous les syndicats ou non syndiqués. Un premier acquis de cette semaine : se retrouver au-delà du petit jeu de la division syndicale et se considérer d’abord et avant tout comme des salariés attaqués par un même patron !
Correspondant