Les dépenses militaires mondiales ont augmenté de 3 % en 2025, atteignant presque 2 900 milliards de dollars. La somme est si folle qu’on trouve difficilement un point de comparaison. C’est comme si toute la richesse produite annuellement en France servait à acheter des armes.
3 % d’augmentation en revanche, c’est moins que les 9 % de l’année d’avant. Mais il faut lire entre les lignes : la baisse des dépenses américaines, du fait de leur désinvestissement en Ukraine, a tiré le total vers le bas. Et cette baisse elle-même est en trompe-l’œil, car certaines dépenses ont augmenté, comme les investissements dans les capacités nucléaires. Trump veut, en outre, augmenter le budget militaire de 50 % d’ici 2027…
Partout ailleurs, les dépenses explosent. Elles augmentent d’un quart en Allemagne, de moitié en Espagne, de « seulement » 1,5 % en France, mais pas de panique, l’Assemblée nationale vient d’allonger 36 milliards d’euros supplémentaires sur six ans pour garnir un peu plus les arsenaux. Cela faisait soixante-dix ans que les dépenses militaires des États européens membres de l’Otan n’avaient pas autant augmenté.
L’impérialisme américain met la pression pour que ses alliés consacrent plus d’argent à la guerre. Autour de la Chine, des pays comme le Japon, Taïwan ou l’Australie voient également leurs dépenses militaires s’envoler. Le monde se hérisse de missiles et de bombardiers pour le plus grand profit des marchands de canons, dont les groupes français qui ont connu en 2025 des bénéfices en hausse par rapport à 2024.
Bastien Thomas