
À l’heure où les attaques contre les personnes LGBT se multiplient dans de nombreux pays, dont les États-Unis de Trump, où les idées réactionnaires et d’extrême droite ont le vent en poupe, il va de soi que le mouvement ouvrier révolutionnaire est de toutes les prides. Face au patronat qui exploite et à l’État qui opprime, les travailleurs et les travailleuses ont à lutter pour l’égalité des droits dans leurs propres rangs, par-delà les genres et sexualités ; lutter contre la mise en concurrence et la division sur lesquelles repose le capitalisme ! Seules nos luttes peuvent arracher des droits, les faire appliquer et les conserver ! Si cette société capitaliste est patriarcale, anti-LGBTI, raciste, alors il faut la renverser.
C’est en 1917 que le premier État ouvrier, la Russie, sous l’impulsion de la révolution d’Octobre, a fait voler en éclats le système permettant l’exploitation et la domination.
La révolution russe ouvre une brèche
Lorsque les travailleurs renversent le pouvoir des capitalistes et des grands propriétaires lors de la révolution russe de 1917, ils ne se contentent pas de s’attaquer à l’exploitation économique. Ils remettent également en cause les oppressions héritées de l’ordre ancien. Sous le régime tsariste, l’homosexualité était criminalisée. Les personnes homosexuelles risquaient la prison, alors que l’Église orthodoxe entretenait une morale profondément réactionnaire sur les questions de sexualité et de famille. Avec la révolution, le nouveau pouvoir soviétique abolit l’ancien code pénal tsariste. En supprimant les lois qui criminalisaient les relations homosexuelles consenties entre adultes, la Russie soviétique devient l’un des premiers États au monde à dépénaliser l’homosexualité. Cette avancée n’est pas le résultat d’une campagne spécifique menée par un mouvement LGBT, qui n’existait pas encore sous sa forme actuelle. Elle découle de la volonté révolutionnaire communiste de balayer l’ensemble des lois oppressives héritées de l’ancien régime.
L’émancipation ne se divise pas
Ce même pouvoir révolutionnaire a instauré la légalisation et facilitation du divorce, l’accès à l’avortement, l’égalité juridique des femmes, supprimé donc les lois réprimant l’homosexualité. Il a combattu le pouvoir de l’Église et posé les bases matérielles d’une émancipation réelle par la prise en charge par la société de tâches reposant auparavant exclusivement sur les femmes. D’où des cantines, des crèches… Ces conquêtes n’ont cependant pas survécu à la montée de la bureaucratie stalinienne qui, dès les années 1930, a réintroduit la pénalisation de l’homosexualité, renforcé le contrôle de l’État sur la famille et mené une politique profondément conservatrice sur les questions de mœurs. Aucune conquête n’est définitivement acquise, les droits démocratiques ne peuvent être garantis que par la mobilisation consciente des travailleurs et des travailleuses eux-mêmes.
Un combat toujours actuel
Aujourd’hui encore, les gouvernements de droite comme de gauche au service du patronat cherchent à diviser la classe ouvrière pour mieux l’exploiter. Les dirigeants et puissants qui nous font la morale peuvent pourtant faire ami-ami avec des Epstein et autres « pourris » que leur système engendre. Combattre les discriminations, c’est renforcer l’unité des exploités contre ceux qui vivent de leur exploitation.
Marina Kuné