
Jeudi 18 juin, alors que les températures commençaient à redevenir caniculaires, la direction a annoncé l’adaptation des horaires pour les agents de production, pour ceux qui le peuvent. Une mesure annoncée à la suite d’un débrayage regroupant plusieurs centaines de collègues le matin même. C’était le quatrième débrayage depuis fin mai, avec cette revendication comme point central mais aussi pour exiger plus d’eau et d’endroits pour se reposer au frais. Personne ne voulait de nouveau se retrouver à travailler dans des ateliers à plus de 40 °C, avec quelques pauvres ventilateurs et des fontaines à eau bien peu attrayantes et trop rares pour beaucoup d’équipes.
C’est le fait même de travailler dans ces ateliers qui chauffent comme des serres qui rend la journée insupportable. Même l’INRS rappelle que de telles températures peuvent causer des coups de chaleur qui peuvent être mortels, mais aussi que travailler dans ces conditions augmente le risque d’accidents.
Alors les collègues se sont mobilisés, en AG et en débrayant devant les bureaux de la direction, quand il faisait trop chaud pour travailler ou quand la direction annonçait des mesures qui ne convenaient pas. Ces coups de colère, majoritairement spontanés, s’inscrivent dans une ambiance générale de mécontentement : nous étions plus de 50 % à être en grève le 10 juin.
Ce sont ces mobilisations déterminées qui ont permis d’arracher au patron l’adaptation de nos horaires et pas les instances de « dialogue social ». Et même si ces aménagements ne sont pas encore à la hauteur de ce qu’il serait vraiment nécessaire, ils sont perçus comme une vraie victoire collective, un encouragement pour la bagarre à venir contre la mise en place des pointeuses par exemple. Les AG, la grève, ce sont quand même les meilleurs thermomètres pour mesurer la force des travailleurs !
Correspondants
10 juin : coup de colère général à la SNCF
La grève, appelée par plusieurs syndicats cheminots, a été un succès. Pas seulement à la SNCF mais aussi des filiales privées comme Transkeo (tramway T12-T13 en région parisienne) ou Transdev à Marseille. Là où le patronat du ferroviaire a voulu instaurer la division, les cheminotes et cheminots du public et du privé ont répondu par l’unité. C’est un acquis précieux pour la suite. Le message de toutes les AG qui ont réunies de nombreux grévistes était net : « des suites, vite ! »