Nos vies valent plus que leurs profits

Extraits de l’intervention de Gaël Quirante (Conférence nationale jeune de juin 2026)

Bonjour à tous les camarades… Dans cette conférence nationale du secteur jeune du NPA-Révolutionnaires, on veut affirmer avec force la nécessité de renforcer le camp des révolutionnaires dans les entreprises et auprès de la jeunesse. La situation l’exige. Face aux guerres, à la guerre sociale qui est menée et à la guerre tout court qui est préparée. Mais surtout, on est convaincu non seulement que la situation l’exige, mais que c’est aussi possible. Nous sommes effectivement des communistes, des internationalistes et révolutionnaires, et quand on lit et qu’on écoute des ennemis de classe, tout de suite ça met vent debout.

Je voulais commencer par une citation, précisément d’un ennemi de classe qui détermine notre quotidien. En juillet 2008, il disait : « Moi, j’aurais supprimé les 35 heures. Les Chinois travaillent 45 heures, ils dorment sur place dans leur usine, ils font de bons produits, pas chers. La France ne travaille pas. Les 35 heures, c’est le cancer de la France. » En novembre 2012, ce même ennemi de classe disait à propos du mariage homosexuel : « On veut un pays d’homos ? Dans dix ans, il n’y a plus personne. Il n’y a plus personne, c’est stupide. Regardez dans l’histoire, la Grèce. C’est une des raisons de sa décadence. À l’époque, décadence totale. » En décembre 2005, le même personnage, le même ennemi de classe, en réaction aux émeutes, aux révoltes de la jeunesse ouvrière à l’assassinat de Zyed et Bouna, disait : « Il faudrait que le père soit arrêté et incarcéré à la place de son fils mineur. » Alors, cet ennemi de classe c’est qui ? Jean-Marie Le Pen ? L’extrême droite ? Sa fille ? Eh bien non, c’est un marchand d’armes au service de l’impérialisme français, c’est Serge Dassault, dont l’une des dernières prises de position face à la vente d’armes et de matériel militaire au colonel Kadhafi a été de dire : « Quand on vend du matériel, c’est pour que les clients s’en servent. » Alors pourquoi cette citation de cet ennemi de classe ? Parce qu’il y a encore très peu de temps, en janvier dernier, Jean-Luc Mélenchon nous a fait une ode à Serge Dassault, en se déplaçant dans une de ses usines. Il en est fan, comme des Rafale. « J’admire beaucoup la maison Dassault, le travail qui a été fait pendant toutes ces années », a-t-il dit très exactement.

En réalité, ce simple élément montre le poison que représente le nationalisme, le fait de s’aligner derrière sa propre bourgeoisie ; le poison que représente ne pas avoir confiance dans la force que représente la classe ouvrière, dans sa capacité de tout transformer. Et pour nous, l’internationalisme est chevillé au corps. Ce n’est pas seulement l’aide à tel ou tel peuple. L’internationalisme révolutionnaire, c’est la mise au centre de tout le pouvoir des travailleurs et des travailleuses, c’est de considérer que l’ennemi principal est dans notre pays, qu’on a davantage d’intérêts communs avec les travailleurs et travailleuses du monde entier qu’avec les patrons ! […]

En 1981, avec l’Union de la gauche et Mitterrand : politiques austéritaires. En 1997, avec Jospin et sa gauche plurielle : privatisations plus que Juppé. En 2002, on nous a parlé de faire barrage républicain au FN, ces prétendus barrages qui construisent de véritables boulevards pour l’extrême droite. En 2012 encore, on nous a expliqué qu’il fallait soutenir Hollande contre Sarkozy, et ça a donné sa loi Travail de 2016, une régression totale pour la classe ouvrière. Puis Macron en 2017 et 2022 ! Et ce sont bien ces 40 années,de politiques antisociales, de politiques austéritaires et racistes qui ont fait monter l’extrême droite à 40 %. Alors, on dit stop. On dit stop et on dit surtout il y a une alternative à ces politiques du moindre mal. Il y a alternative au nationalisme. […]

La campagne présidentielle qu’on veut mener, c’est une campagne militante, qui ne va pas attendre 2027 pour construire et forger les luttes, qui va essayer de regrouper le plus largement possible, le plus fortement possible, tous ceux et toutes celles qui sont convaincus que tout ce qu’a obtenu notre classe, c’est au travers de nos grèves, de nos luttes et de nos occupations. Et qu’on ne nous fasse pas la leçon. Nous sommes de toutes ces luttes.