La militante des droits humains Sihem Bensedrine, figure de l’opposition, a été condamnée à 25 ans de prison dans des affaires liées à la justice transitionnelle, qui visait à enquêter sur les exactions commises sous les régimes de Bourguiba et de Ben Ali. Ancienne présidente de l’instance Vérité et dignité, elle et son équipe avaient, à ce titre, auditionné près de 50 000 victimes et transmis 173 dossiers à la justice, avant d’appeler à « démanteler un système de corruption, de répression et de dictature » persistant au sein des institutions de l’État. Rappeler que le président actuel, Kaïs Saïed, arrivé au pouvoir par un coup de force en juillet 2021, avait conservé l’essentiel des cadres des dictatures précédentes n’a pas plu à ce dernier. D’où la lourde condamnation de Bensedrine contre laquelle ont protesté des ONG locales et internationales.