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Afrique du Sud : racisme et xénophobie s’affichent au grand jour

Même dans un pays qui a souffert pendant des décennies du système d’apartheid, la population n’est pas vaccinée contre le racisme. Depuis des mois, des groupes hostiles aux « étrangers », c’est-à-dire à celles et ceux venus de pays voisins (notamment Malawi, Zimbabwe, Mozambique, Nigeria, Ghana, etc.), mènent campagne en affirmant que le pays est submergé par ces immigrés qui priveraient les Sud-Africains d’emploi, satureraient les services publics et seraient responsables de taux de criminalité élevés. Refrain entonné par l’extrême droite de tous les pays du monde. Ces groupes, dont l’action a déjà fait cinq morts, avaient fixé au 30 juin un ultimatum aux migrants pour quitter le pays et avaient organisé ce jour-là manifestations et rassemblements un peu partout. Au cours de ce seul mois, plus de 25 000 d’entre eux ont préféré, sous la pression, rentrer chez eux par leurs propres moyens. C’est beaucoup, mais finalement assez peu lorsqu’on sait que quelque trois millions d’étrangers, soit 5,1 % de la population, vivent dans le pays, attirés par des perspectives d’emploi de la première économie du continent. Ce flux migratoire n’est pas près de cesser malgré la propagande xénophobe dont le premier résultat est de diviser les classes laborieuses d’Afrique du Sud, par ethnies ou nationalités.