Quand, dans le récit mythologique d’Homère l’Odyssée, Pénélope défait la nuit la toile qu’elle tisse le jour, c’est pour éviter que, son œuvre achevée, un prétendant dont elle ne veut pas la force à se marier.
À l’inverse, on ne voit pas bien ce que l’académie de Versailles gagne à licencier en cette fin d’année scolaire 167 profs contractuels qui feront cruellement défaut en septembre ! Économiser leurs salaires de juillet et août ? Dégoûter les derniers diplômés de mathématiques – avec l’histoire-géographie, ils fournissent deux tiers des profs licenciés… – qui se tournent vers l’enseignement, et définitivement tarir le recrutement ? Empêcher les plus expérimentés – cinq ans d’ancienneté – de signer le CDI qu’on ne pouvait plus leur refuser ? Ranimer les braises couvant sur la cendre de la colère, tant des salariés que des parents usagers ?
Quoi qu’il en soit, il faut être le recteur Champion pour s’imaginer que la rentrée se passera mieux sans nos 167 collègues plutôt qu’avec ! Rappelons qu’en septembre dernier, des centaines de postes n’étaient pas pourvus en école, collèges et lycées dans l’académie. Des collègues qui, tout comme les autres contractuels de l’Éducation nationale, AED (surveillants), AESH (accompagnantes d’élèves en situation de handicap), agents administratifs ou d’entretien, doivent trouver tout le soutien des titulaires : à l’Éducation nationale comme ailleurs, la force des salariés, c’est leur union dans la lutte !
Correspondant
