Nos vies valent plus que leurs profits

Intervention de Selma, conductrice de bus

Aux municipales, des candidats du monde du travail qui incarnent les idées révolutionnaires

Se présenter comme candidat (en l’occurrence comme candidate !) aux élections, c’est à chaque fois un petit évènement pour les collègues. Cela suscite la fierté et des discussions. Se présenter à des élections c’est un point d’appui pour développer le niveau de conscience autour de nous. Cela permet un ancrage pour la construction de groupes politiques dans l’entreprise, cela donne une visibilité à nos idées, un repère de qui nous sommes. Pour le dire autrement, il s’agit de faire que les travailleurs aient confiance en eux-mêmes et se sentent la force de s’exprimer sans intermédiaires. C’est aussi l’occasion de défendre notre politique dans les luttes : la grève aux grévistes, la démocratie ouvrière, les comités de grève…

Même en dehors des élections, tout le monde à des idées. Tout le monde les discute à un moment où un autre à la machine à café. Et il y a beaucoup de confusion autour de nous, d’idées réactionnaires qui trainent. Il faut trouver comment y répondre, comment taper juste, que ce soit sur des grands sujets d’actualité politique nationale ou internationale, mais aussi sur des choses du quotidien au boulot. Il nous faut créer du lien, apprendre à se connaitre, réfléchir comme faisant partie d’un même groupe, d’une même classe.

Comment répondre, comment taper juste

Ce travail du quotidien, il faut le faire auprès de tous les collègues, syndiqués ou pas. Je prends l’exemple de l’ouverture à la concurrence et de la fin de la RATP comme entreprise publique, pour les travailleurs des dépôts de bus.Y compris syndicalement, c’était indispensable de lutter contre toutes les formes de corporatisme, comme ce prétendu savoir-faire de la RATP qui serait meilleur que celui d’une autre boite capitaliste du transport. Il fallait faire comprendre qu’il s’agissait pour les patrons de mettre en concurrence les travailleurs dans le transport. Bien sûr que c’est une attaque d’ampleur, mais si on ne discute pas avec les collègues de ce qu’est le capitalisme à l’échelle des multinationales du transport, on ne pourra pas convaincre de l’intérêt de se coordonner ou de s’adresser aux autres travailleurs du transport.

Nos discussions au quotidien et le développement du niveau de conscience aide aussi à ce que demain les assemblées générales ne deviennent pas de simples meetings de représentants syndicaux, mais une assemblée où les travailleurs se sentent de prendre la parole, au-delà de nos statuts différents, de nos métiers différents, pour discuter et imposer des revendications unificatrices.

Deux mots sur le pôle des révolutionnaires

Le pôle des révolutionnaires, c’est l’idée que face aux offensives de la bourgeoisie, face aux confusions politiques auxquelles on est confrontés, il y ait une autre perspective qui puisse clairement s’exprimer. On a beaucoup tenté de faire exister ce pôle dans le cadre des élections, mais encore une fois c’est aussi sur le terrain des entreprises que ça se joue. Réussir à s’adresser aux autres groupes communistes révolutionnaires, pour chercher à se comprendre, à établir des liens de confiance, à taper ensemble en proposant une même politique aux travailleurs, parce qu’on se pense comme des bouts du futur parti révolutionnaire. C’est indispensable.