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Palestine

Parmi d’autres dirigeants d’extrême droite européens, Jordan Bardella et Marion Maréchal-Le Pen ont été invités à participer à Jérusalem à un colloque international contre l’antisémitisme. C’est un peu comme convier des alcooliers à un congrès des Alcooliques anonymes. En fait, là comme souvent, la lutte contre l’antisémitisme n’est qu’un prétexte pour réunir celles et ceux qui désignent les musulmans en général, et les Arabes en particulier, comme la cible à abattre. Et ce beau monde vient en Israël apporter son soutien plein et entier à Netanyahou, qui, en assimilant sionistes et Juifs et en commettant des massacres sans nom, contribue à sa façon au regain de l’antisémitisme.

Hamdan Ballal, coréalisateur du documentaire No Other land (Pas d’autre terre), qui montre le quotidien de Palestiniens aux prises avec les exactions des colons et des soldats israéliens, a été attaqué et blessé à la tête et au ventre dans son village de Soussiya par des colons armés de bâtons, de couteaux et d’un fusil d’assaut. Il a ensuite été arrêté par l’armée israélienne alors qu’il se trouvait dans une ambulance, puis libéré le lendemain. Son film, coréalisé avec l’Israélien Yuval Abraham, a obtenu un prix au festival international du film de Berlin et un Oscar à Hollywood. No Other land est ainsi devenu un symbole de la répression quotidienne instituée par l’armée israélienne et les colons sur les civils palestiniens. Ce que les sionistes ne lui pardonnent pas.

Le Club des prisonniers palestiniens, une ONG de défense des droits des détenus, a annoncé le décès de Walid Khaled Abdoulah Ahmad, 17 ans, originaire de Silwad, à l’est de Ramallah en Cisjordanie, dans la prison de Megiddo, dans le nord d’Israël. Les circonstances de sa mort sont pour l’heure inconnues. C’est le 63e Palestinien à mourir en détention en Israël depuis le 7 octobre 2023. D’autres cas de détenus morts dans les prisons israéliennes ont été documentés par des organisations de défense des droits humains, notamment l’ONG israélienne B’Tselem, depuis l’attaque du 7 octobre. Elles ont fait état d’une détérioration des conditions de détention des Palestiniens, évoquant de « mauvais traitements systématiques » et de la « torture ». Dans un rapport publié l’an dernier, l’ONG Défense des enfants palestiniens, indiquait pour sa part que chaque année, environ 500 à 700 enfants palestiniens, dont certains n’ont que 12 ans, sont détenus et poursuivis par le système judiciaire militaire israélien, l’accusation la plus courante étant d’avoir… jeté des pierres. De dangereux terroristes, on vous dit…

L’aviation et l’artillerie israéliennes ont pilonné de nombreuses zones de la bande de Gaza faisant, selon les premières estimations, plus de 400 morts, en majorité des civils, dont nombre d’enfants. Le gouvernement israélien a tenu à préciser qu’il avait mené ces actions avec le plein soutien de Washington. Déjà bien fragilisée, la trêve signée le 19 janvier vient de voler en éclats, Israël refusant d’en appliquer la seconde phase, qui prévoyait l’arrêt des combats et le retrait des troupes sionistes du territoire gazaoui. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois, que Netanyahou viole allègrement les textes qu’il a signés. Et tant pis pour les otages encore vivants… ce qui compte pour le gouvernement israélien, c’est de tuer et terroriser la population palestinienne.

Malgré l’accord de cessez-le-feu censé être en vigueur, l’armée israélienne a de nouveau bombardé le nord de Gaza samedi 15 mars faisant au moins neuf morts, dont des journalistes et des employés associatifs. Après avoir bloqué l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, Israël a stoppé aussi la fourniture d’électricité et de carburant. La barbarie à l’état pur… qui ne semble pas émouvoir les gouvernements occidentaux, soutiens fidèles de l’État d’Israël.