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Israël : le mouvement anti-guerre se développe

Alors que le gouvernement israélien continue sa sale guerre contre le Liban, une opposition commence à s’exprimer publiquement en Israël. Au début de la guerre, seule une poignée de manifestations bravait la répression de la police. Mais le 11 avril, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans une trentaine de localités, après avoir obtenu une autorisation par un recours devant la Haute Cour de justice.

La propagande militariste du gouvernement englobe tous les aspects de la société. Elle cherche à justifier les guerres enclenchées depuis trois ans par Netanyahou – et l’augmentation des budgets militaires à 45,3 milliards de dollars – en expliquant que celles-ci sont nécessaires pour protéger les Juifs contre la « barbarie antisémite ».

Malgré un climat d’union nationale qui a le soutien d’une large majorité de la population, une part croissante est de moins en moins dupe : tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, les abris antiaériens sont moins accessibles pour les habitants des quartiers populaires (principalement à majorité arabe), tandis que l’ensemble de la société est mis sur pause. Écoles et universités sont à l’arrêt, le chômage partiel se généralise et les revenus diminuent.

Les images des violences des colons israéliens en Cisjordanie, défendus par l’armée, ainsi que le vote de la loi raciste permettant l’exécution des seuls Palestiniens jugés coupables d’avoir participé « intentionnellement ou par indifférence » à des actes « terroristes » participent de plus à lever le mythe de la « seule démocratie du Moyen-Orient ».

Celles et ceux qui manifestent aujourd’hui cherchent à faire le lien entre la guerre actuelle et le projet colonisateur sioniste, ainsi qu’à convaincre le reste des travailleurs et jeunes Israéliens que cette guerre n’est pas la leur.

Ces manifestations, certes encore modestes, sont les seules à s’opposer frontalement à la politique de l’État sioniste, alors que « l’opposition » parlementaire de centre gauche et les centrales syndicales refusent de condamner la guerre.

12 avril 2026, Stefan Ino