Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

La défense civile a annoncé la mort de trois journalistes dans une frappe israélienne. Les trois hommes préparaient l’envoi d’un drone civil destiné à filmer une distribution alimentaire. Les victimes sont Anas Ghneim, Mohammed Salah Qashta et Abdoul Raouf Shaath. Ce dernier, journaliste et reporter d’images indépendant, collaborait régulièrement avec l’Agence France-Presse. De son côté, l’armée sioniste a affirmé avoir ciblé trois « suspects ». L’excuse habituelle. Selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF), les forces israéliennes ont tué au moins 29 journalistes palestiniens dans la bande de Gaza entre décembre 2024 et décembre 2025. D’autre part, Israël interdit aux journalistes étrangers l’entrée du territoire palestinien et abat systématiquement les journalistes palestiniens qui se trouvent sur place. Une façon de tenter d’imposer un black-out sur le drame que vivent depuis des mois les Gazaouis.

Sans avertissement préalable, des bulldozers ont commencé à démolir des bâtiments du siège de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, (Unrwa) situé à Jérusalem-Est. Depuis un an, l’État sioniste avait interdit à l’agence onusienne toute activité en invoquant, sans aucune preuve, le fait que certains de ses membres étaient liés au Hamas. Cette nouvelle exaction scélérate viole encore une fois le droit international mais Netanyahou n’en a cure. La meilleure preuve est que les Israéliens occupent illégalement Jérusalem-Est depuis 1967. Le directeur de l’Unrwa en Cisjordanie (dont dépend Jérusalem-Est), Roland Friedrich, suppute que se cache derrière cette action une « intention probable de s’emparer des terrains pour construire des colonies ». La colonisation forcée continue.

Donald Trump a dévoilé la liste des sept premiers membres du Conseil de la paix qu’il présidera. Avec son emphase et son ridicule habituels il l’a qualifié de « plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé ». Question de point vue. Car, outre lui-même, ce nouvel organisme compte dans ses rangs ses conseillers Mario Rubio et Steve Witkoff, son propre genre, Jared Kushner, surtout connu pour utiliser la politique de son beau-père pour faire des affaires, l’ancien Premier ministre travailliste britannique Tony Blair, reconverti depuis longtemps dans le business, Marc Rowan, un milliardaire patron du fonds d’investissement Apollo Global Management et Ajay Banga, le président de la Banque mondiale. Ils seront peut-être rejoints par les deux présidents-dictateurs turc et égyptien, Erdoğan et Sissi, et par le président argentin d’extrême droite Milei. Une des plus belles brochettes de crapules rassemblée depuis longtemps et qui se soucient des intérêts des Gazaouis comme d’une guigne.

Un total de 13 personnes ont été abattues dans diverses frappes israéliennes sur le territoire palestinien ces derniers jours. Quatre personnes, dont trois enfants, ont été tuées lorsqu’un drone a frappé une tente abritant des personnes déplacées dans le sud de Gaza alors que dans le nord une fillette de 11 ans est morte près du camp de réfugiés de Jabalia. Ce qui n’a pas empêché l’armée israélienne d’affirmer, avec son cynisme habituel, avoir « frappé avec précision des terroristes du Hamas et des infrastructures […] dans le nord et dans le sud de la bande de Gaza ». Depuis l’instauration du bien mal nommé « cessez-le feu », le 10 octobre dernier, un total de 266 Palestiniens ont trouvé la mort du fait des actions menées par l’occupant sioniste et 634 ont été blessés. De plus, 548 corps ont été retrouvés sous les décombres.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme vient d’affirmer que la « discrimination systématique » à l’égard des Palestiniens dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés, notamment en Cisjordanie, s’est « radicalement aggravée » ces dernières années, s’apparentant à une forme de « système d’apartheid ». Et d’insister : qu’il s’agisse d’avoir accès à l’eau, aux écoles ou encore aux hôpitaux ou qu’il s’agisse de pouvoir aller voir des proches ou d’aller récolter des olives, « chaque aspect de la vie des Palestiniens en Cisjordanie est contrôlé et restreint par des lois, des politiques et des pratiques discriminatoires d’Israël ». Un constat tout à fait juste. Cela fait des décennies que l’attitude de l’État sioniste à l’égard du peuple palestinien dans toutes ses composantes est raciste, suprémaciste, discriminatoire et s’apparente parfois, comme à Gaza, à un génocide. Mais toutes les condamnations de l’ONU au fil des années sont toujours restées sans effet, Israël bénéficiant largement du soutien de tout le camp impérialiste, États-Unis en tête, pour mener sa politique criminelle.

À partir d’aujourd’hui, le gouvernement israélien interdit à plus d’une trentaine d’organisations humanitaires – dont Médecins sans frontières, Oxfam, Care, Caritas, etc. – d’intervenir dans la bande de Gaza pour aider la population civile qui souffre de la faim, du froid, des conditions d’hygiènes déplorables, du manque de médecins et d’hôpitaux. Les raisons invoquées : les liens supposés avec « les terroristes » du personnel de certaines ONG. Un prétexte déjà mis en avant pour assassiner des journalistes et des professionnels des médias, des médecins, des soignants et des travailleurs humanitaires. Alors que la situation à Gaza reste catastrophique, Netanyahou et sa clique font tout pour aggraver les choses. Ainsi cette semaine l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens a affirmé, dans un communiqué, que « des provisions, des abris ainsi des colis alimentaires pour 1,1 million de personnes sont stockés à la frontière et prêts à entrer à Gaza » pour faire face aux fortes pluies et aux vents violents qui ont frappé le territoire ces derniers jours mais que les autorités israéliennes l’empêchent d’acheminer cette aide. Génocidaires un jour, génocidaires toujours.