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Brèves

L’actualité en bref

Des militants du mouvement écologiste Extinction Rebellion ont réussi, malgré la surveillance policière, à déployer un grand drapeau palestinien de quatre mètres sur trois sur le toit du restaurant « Madame », situé au premier étage de la tour Eiffel. Ils voulaient par ce geste commémorer la Nakba (en arabe la catastrophe) qui vit en mai 1948, lors de la création de l’État d’Israël, 760 000 Arabes de Palestine chassés de chez eux pour laisser la place à des colons juifs. Suite à cette action six personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour « intrusion non autorisée dans un site classé et mise en danger de la vie d’autrui ». À cette occasion la députée européenne LFI Rima Hassan leur a apporté son soutien et a rappelé, fort à propos, qu’en octobre 2023, après l’attaque du Hamas, la maire de Paris de l’époque, Anne Hidalgo, avait fait illuminer la Tour Eiffel aux couleurs du drapeau israélien sans être mise en garde vue, ni inquiétée le moins du monde.

Alors que vendredi 15 mai, une prolongation de 45 jours du cessez-le-feu entre Israël et le Liban avait été signée à Washington, dès le lendemain l’armée israélienne annonçait avoir effectué de nouvelles frappes dans le sud du Liban, après avoir ordonné aux habitants de neuf villages de les évacuer. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 17 avril, les bombardements israéliens ont fait plus de 400 morts et l’armée continue la destruction massive d’infrastructures et de villages entiers, après avoir imposé l’exode vers le nord de 800 000 personnes.

Le gouvernement israélien prétend que son but est de « sécuriser sa frontière nord », mais iI poursuit, en réalité, le même objectif qu’à Gaza, faire en sorte que le sud du Liban devienne invivable, pour empêcher tout retour des habitants qui en ont été chassés. Certains ministres n’hésitent d’ailleurs pas à déclarer que « les frontières de l’État ne sont pas définitives » et qu’ils sont partisans d’une annexion du Sud Liban par Israël, en repoussant ses frontières d’une trentaine de kilomètres, jusqu’au fleuve Litani.

François Ruffin, député de Picardie, vient de publier une BD dont il est le héros. Cette publication s’inscrit dans le cadre de la préparation de la Présidentielle. Ruffin, après avoir rompu avec LFI, entend en effet s’y présenter. Dans cette BD, Ruffin fait face à diverses situations qu’il parvient toutes à régler. Par exemple, dans le train, il donne une leçon de civisme républicain à des jeunes qui se tiennent mal. Et, comme par miracle, l’un de ces jeunes, basané et barbu, s’incline humblement devant lui en déclarant qu’il a eu raison d’intervenir. Tout est à l’avenant avec un fond de racisme paternaliste. Visiblement, Ruffin tente ainsi de s’adresser à un électorat tenté par le RN tout en laissant libre cours à son nombrilisme et sa mégalomanie. Si ridicule que soit cette BD, elle a réussi deux choses : faire le buzz et disqualifier Ruffin auprès des antiracistes qui le comparent à Tintin au Congo. Mais n’oublions pas que c’est Mélenchon qui, pour représenter LFI, avait préféré cet arriviste mégalo à des militants ayant fait leurs preuves sur le terrain, avant qu’il ne retourne sa veste.

Dans une enquête publiée en janvier dernier, le New York Times estimait à 1,4 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros – les gains encaissés par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025. Aujourd’hui, c’est au tour du Bureau d’éthique gouvernementale, une agence fédérale indépendante, d’apporter de l’eau au même moulin. Dans des documents qu’elle vient de rendre publics, elle révèle une série de transactions financières qui ont permis au leader républicain et à sa famille d’empocher plusieurs centaines de millions de dollars depuis le début de l’année en faisant des affaires avec des géants industriels comme Amazon, Apple, Microsoft, Uber, Nvidia ou Boeing. En résumé Trump sert les capitalistes… en n’oubliant pas de se servir au passage.

Les services de l’instruction du tribunal de Paris ont lancé une enquête à l’encontre de l’euro-député Rassemblement national Fabrice Leggeri. L’information judiciaire est ouverte au titre de « complicité de crime contre l’humanité ». En effet, avant d’être élu à Bruxelles, Leggeri avait dirigé entre janvier 2015 et avril 2022 Frontex, l’agence de l’Union européenne chargée du contrôle des frontières. Plusieurs ONG l’accusent d’avoir mené, dans le cadre de ses fonctions, une véritable « chasse aux migrants » qui s’était traduite par des morts, des blessés, des violences et des arrestations arbitraires. Il avait donc le profit idéal pour représenter le Rassemblement national à Bruxelles.

Après les révélations de violences physiques et sexuelles au lycée-collège de Notre-Dame de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), et dans d’autres établissements privés, la ministre de l’Éducation nationale d’alors, Élisabeth Borne, avait lancé en mars 2025 un plan sur deux ans prévoyant que 40 % des établissements privés sous contrat (sur un total d’environ 7 500, en grande majorité catholiques) seraient inspectés. À mi-course le bilan est édifiant. Les 1 500 contrôles effectués ou en cours ont donné lieu à 442 mises en demeure et six signalements au procureur de la République « dont une partie pour des faits de maltraitance d’élèves ». Et maintenant il ne reste plus aux responsables de l’enseignement catholique qu’à ordonner des prières collectives et des actions de grâce dans tous leurs établissements pour que les contrôles s’arrêtent. Amen !

Après une enquête menée en France par Libération, et en Israël par le quotidien Haaretz, les services de renseignements tricolores ont confirmé qu’une officine israélienne nommée Blackcore avait mené une campagne d’ingérence et de désinformation lors des dernières élections municipales, visant en particulier des candidats de La France insoumise dont François Piquemal à Toulouse et Sébastien Delogu à Marseille. Cette campagne avait notamment pris la forme de créations de faux comptes déversant calomnies, fake news et images générées par l’intelligence artificielle. À l’époque, les dirigeants de La France insoumise avaient dénoncé une opération de déstabilisation propre à « les traîner dans la boue ». Sans réaction notable de la part des pouvoirs publics. Blackcore, qui n’est sans doute qu’un faux nez pour les services secrets israéliens, avait ciblé LFI pour sa dénonciation de Netanyahou et son soutien aux Palestiniens. Et il est probable que le même type d’ingérence va se retrouver lors de la prochaine élection présidentielle.

Le réalisateur Asghar Farhadin, qui présente au festival son film Histoires parallèles, a dénoncé lors d’une conférence de presse tout à la fois la mort d’Iraniens innocents dans les frappes des États-Unis et d’Israël contre son pays au même titre que les exécutions perpétrées par la république islamique. Il a déclaré s’être rendu à Téhéran la semaine dernière et porter encore en lui « les stigmates et l’impact » de deux événements « extrêmement douloureux qui ne seront jamais oubliés » à savoir « la mort de nombreux innocents, des enfants, des civils décédés pendant l’attaque qu’a subie l’Iran ». Et avant cette guerre, « la mort de nombreux manifestants, des personnes descendues dans la rue qui étaient toutes aussi innocentes ». Et de conclure : « Tout meurtre est un crime. Je ne peux d’aucun point de vue, sous aucune justification, accepter que la vie soit ôtée à un être humain, que ce soit dans une guerre, des exécutions ou dans un massacre de manifestants. » Farhadi a toujours été une voix d’opposition au régime iranien. Il a publiquement soutenu les manifestations de masse contre le gouvernement en 2025 et 2026, et refuse de tourner à nouveau dans son pays tant que la censure impose aux femmes d’apparaître voilées à l’écran.

Deux journalistes, le franco-tunisien Mourad Zeghidi, ancien collaborateur de Canal +, et son collège Borhen Bsaies, ont été condamnés en appel à trois ans et demi de prison pour « blanchiment d’argent » et « infraction fiscale ». Ils avaient été arrêtés en mai 2024, jugés une première fois le 12 janvier dernier avant d’être définitivement condamnés. Leurs soutiens et leurs avocats ont expliqué qu’il s’agissait d’accusations parfaitement bidon visant à faire taire deux hommes très critiques du régime présidentiel et des méthodes dictatoriales du chef de l’État, Kaïs Saïed. D’autres journalistes ont été visés ces derniers mois par le pouvoir tunisien comme Zied el-Heni, condamné il y a quelques jours à un an de prison ferme pour avoir critiqué des décisions judiciaires visant d’autres journalistes. Et des centaines d’opposants croupissent dans les prisons du pays. La semaine dernière, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a exhorté la Tunisie à « cesser la répression » visant la société civile et les médias. Jusqu’ici sans grand succès…