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Brèves

L’actualité en bref

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a tenu une conférence de presse pour annoncer que les parquets allaient inspecter les 70 000 plaintes et délits concernant les enfants d’ici un mois. Il a affirmé de façon martiale qu’il allait « sonner la mobilisation générale ». Mais alors que les tribunaux sont surchargés de dossiers en attente qui ne peuvent être traités par manque de personnel, le garde des Sceaux a précisé que tout cela se ferait… sans moyens supplémentaires. Autant dire un coup d’épée dans l’eau. Sans compter les trois millions de plaintes déposées auprès de la police et la gendarmerie qui ne sont toujours pas remontées aux parquets. Quant à la responsabilité du gouvernement – et la sienne propre – sur la grande misère d’une justice à bout de souffle, Darmanin (qui fut aussi ministre de l’Intérieur) la nie et refuse de démissionner. Ce qui résume assez bien la déontologie fluctuante du personnage.

Des enseignants de l’école maternelle Nanteuil avaient organisé un spectacle, en présence des parents, sur le thème de « La guerre et la paix ». Dans un premier temps les enfants de 3 ans vêtus de treillis, portant des lunettes de soleil et des pistolets à eau effectuaient une chorégraphie sur le titre Charger du groupe Triangle des Bermudes. Et, à la fin, les petits enlevaient leurs treillis pour dévoiler des tee-shirts blancs avec le message « Peace and Love ». Une vidéo a aussitôt circulé sur les réseaux sociaux de droite et d’extrême droite qui ne montre que la première partie du spectacle et qui est assortie de commentaires affirmant qu’il s’agissait de faire l’apologie du terrorisme et du Hamas et mettant en avant des soupçons d’antisémitisme sous prétexte que nombre de ces enfants appartiennent à des familles issues de l’immigration. Même le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a cru bon de s’indigner et de demander au rectorat l’ouverture d’une enquête. Quant au député de la circonscription, Alexis Corbière, il estime à juste raison que les enfants, leurs parents et leurs enseignants sont « livrés à un bûcher médiatique raciste ».

L’initiative prise par plusieurs équipes de syndicalistes postiers combatifs et la Fédération SUD-PTT de proposer une manifestation commune de tous les secteurs militants réprimés prend de l’ampleur.

Et à l’heure où Sophie Binet, secrétaire la principale confédération syndicale, est mise en examen parce qu’elle a dénoncé un peu trop vertement un patron au goût de ces messieurs-dames les juges, l’idée d’une manifestation commune de toutes celles et ceux dans le viseur paraît plus que jamais d’actualité.

La manifestation partira du siège de La Banque postale pour protester contre la force toute particulière de la répression à La Poste : condamnation des cinqpostiers du 92 au pénal pour « violation de domicile », quand il s’agissait d’une simple visite de postiers grévistes au siège de leur entreprise, avec six mois de prison avec sursis à la clé pour Gaël Quirante, secrétaire de SUD Poste 92, des procédures disciplinaires contre le secrétaire de la CGT FAPT du Nord Éric Dyson, licenciement de Sam, représentant départemental de SUD Poste des Pyrénées-Orientales puis dans la foulée de nouvelles procédures disciplinaires contre cinqreprésentants CGT et SUD dans le même département, procédures disciplinaires en série contre des représentants locaux et départementaux de SUD Poste dans les Bouches-du-Rhône, dans le Morbihan…
 
Le trajet de la manifestation inclura un passage devant le ministère des Affaires étrangères pour dénoncer les poursuites en série contre celles et ceux qui se dressent contre le génocide des Palestiniens, comme Rima Hassan de LFI et de nombreux militants syndicaux comme Jean-Paul Delescaut, secrétaire de la CGT du Nord, récemment relaxé, ou comme Alex de Solidaires Informatique…

Parmi les signataires de l’appel : des députés de la France insoumise et La France insoumise en tant qu’organisation, le sénateur et directeur de l’Humanité, Fabien Gay, des personnalités du milieu culturel comme le réalisateur Robert Guédiguian, les principales organisations de jeunesse (⁠Unef, ⁠Jeunes insoumis, Le Poing levé, Coordination syndicale étudiante, Fédération syndicale étudiante (FSE), Solidaires étudiant·e·s, Union étudiante (UE), NPA-Jeunes-Révolutionnaires et bien sûr un nombre croissant de structures syndicales SUD et CGT. Le lien pour signer l’appel avec la liste des premiers signataires : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfxBYKmUgh6IMvJFQyBxkoGWt6oYgAjzEnCW-hqAHhI09mUUA/viewform?pli=1
 
Rendez-vous à Paris le 20 juin à 15 heures devant le siège de La Banque postale, 111 rue de Sèvres

Après deux ans de procédure, les juges d’instruction parisiens ont ordonné un non-lieu général en faveur des 14 militants kanak de la Cellule de coordination des actions de terrain, dont leur leader Christian Tein, accusés d’être les commanditaires des émeutes qui avaient secoué l’archipel du Pacifique en mai-juin 2024. Lors de ces violences, en lien avec la réforme du corps électoral, 14 personnes, dont deux gendarmes, avaient été tuées, des centaines d’autres blessées et les dégâts matériels estimés à plus de 2 milliards d’euros. Les militants avaient été transférés de force en Métropole dans des conditions indignes, avaient passé plusieurs mois en prison puis en résidence forcée. Le parquet de Paris, représentant de fait du pouvoir colonial, a indiqué faire appel du non-lieu. Quant au gouvernement, il n’a retenu aucune leçon de cette affaire et tente toujours de passer en force en refusant de discuter de l’avenir de la Kanaky avec les représentants du peuple kanak.

La Confédération paysanne s’est associée à la procédure judiciaire intentée par la CGT contre le président du département, le très droitier Maël de la Lande de Calan. Elles reprochent à ce dernier d’harceler et de fliquer les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Ces derniers, qu’ils soient salariés, agriculteurs ou autres se voient demander des tonnes de documents pour justifier leurs revenus, sont l’objet de procédures inquisitoires et de pressions malveillantes de la part des contrôleurs. « Des gens arrêtent de demander le RSA parce que ça devient trop compliqué d’en être bénéficiaire », constate Madeg Join-Lambert, le co-secrétaire finistérien de la Confédération paysanne. C’est bien là le but recherché : diminuer le nombre d’allocataires pour faire des économies sous prétexte de lutter contre « les fraudes ». Selon les chiffres officiels, le nombre de bénéficiaires du RSA est passé de 18 000 à 13 500 en quatre ans dans le département. Même en dehors de telles pressions, on estime à plus de 20 % le nombre de personnes qui ont droit au RSA mais ne le demandent pas par ignorance ou par crainte de l’administration.

La Cour suprême israélienne a statué que la politique imposée par le gouvernement israélien depuis octobre 2023, qui interdisait au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de rendre visite aux détenus palestiniens et de transmettre des informations les concernant, était illégale. Les juges ont souligné que pendant plus de deux ans de procédure, Netanyahou et ses acolytes n’avaient fourni aucun document définissant un cadre juridique clair pour justifier le maintien de cette interdiction. Cette décision est sans doute en lien avec la pression en faveur des prisonniers palestiniens qui se fait sentir depuis des mois à l’échelle internationale. Mais il est moins que certain que le gouvernement israélien en tienne compte. Car, depuis des décennies, il viole allègrement toutes les conventions internationales à ce sujet, impose aux 10 000 détenus palestiniens arrestations arbitraires, tortures, humiliations, manque de nourriture et d’hygiène, accès difficile, voire impossible, à un médecin et détentions sans procès. Et il y a peu de chances que cette décision de justice change quoi que ce soit à cette situation…

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête préliminaire pour tortures et crimes de guerre après les récits de plusieurs membres français de la flottille pour Gaza qui affirmaient avoir été victimes de viols, de tortures et d’humiliation en Israël. Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité. Dans le même temps, on apprenait que 11 personnes faisant partie d’un convoi terrestre solidaire pour Gaza étaient détenues arbitrairement en Libye depuis le 24 mai. Elles avaient été arrêtées alors qu’elles étaient en transit, avec des papiers en règle. Un autre militant tunisien avait été interpellé cinq jours plus tôt. Pour protester contre leur incarcération ces militants ont commencé une grève de la faim. Encore une fois c’est la solidarité avec le peuple palestinien qui est visée.

C’est le quotidien Haaretz qui le dit. Les pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham (Bahreïn, Émirats arabes unis, Soudan, Maroc) achètent désormais davantage d’équipements militaires israéliens que des États-Unis. Les exportations en direction de ces pays ont quintuplé en deux ans et représentent 15 % des ventes totales en 2025 contre seulement 3 % deux ans auparavant. Les analystes attribuent cette demande à la perception que les armes israéliennes sont « éprouvées au combat », les gouvernements étant en mesure d’observer en temps réel les performances des systèmes d’armes et des munitions lors d’assauts. En résumé après avoir vu l’efficacité des armes israéliennes dans le massacre des Gazaouis, des Libanais ou des Iraniens, certains dirigeants arabes en font l’acquisition pour les utiliser éventuellement demain… contre leur propre peuple.

Le nombre de millionnaires à l’échelle mondiale a progressé de 7,9 % en 2025, annonce une étude publiée par le géant de l’informatique Capgemini, intitulée World Wealth Report (Rapport sur la richesse mondiale). Leur fortune a atteint de nouveaux records grâce aux secteurs de l’armement, du transport et de l’intelligence artificielle, eux-mêmes favorisés par la multiplicité des guerres. Le nombre de millionnaires à l’échelle mondiale a ainsi progressé de 7,9 %, atteignant un total de 25,3 millions en 2025. Soit presque 2 millions de plus qu’en 2024. Leur patrimoine total a quant à lui augmenté de 8,7 % sur la même période, pour atteindre un total de 98 300 milliards de dollars (84 606 milliards d’euros), soit la plus forte augmentation annuelle observée depuis 2018. Cette richesse demeure très concentrée : 1 % des ultrariches détiennent 34,8 % de la fortune globale de la planète alors qu’à l’autre bout de la chaîne plus de 700 millions de personnes vivent sous le seuil d’extrême pauvreté. Il est plus que temps d’exproprier ces profiteurs.