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Brèves

L’actualité en bref

Dans son dernier rapport, l’ONG B’Tselem (Centre israélien d’information pour les droits de l’homme dans les territoires occupés) dénombre 240 enfants palestiniens tués depuis le 7 octobre en Cisjordanie, en très grande majorité par l’armée israélienne mais aussi par les colons. L’ONG souligne que cette escalade meurtrière est le résultat direct de la politique du gouvernement israélien, qui ne cesse d’encourager l’implantation des colons dans la région. De plus, l’ONU a dénombré un grand nombre de situations au cours desquelles l’armée s’opposait à l’arrivée de secours venus aider des enfants et des adolescents blessés par balles et qui ont finalement succombé à leurs blessures. Crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide ? On ne sait plus trop comment qualifier l’action de l’armée et des colons sionistes qui infligent un martyre quotidien au peuple palestinien.

Même dans un pays qui a souffert pendant des décennies du système d’apartheid, la population n’est pas vaccinée contre le racisme. Depuis des mois, des groupes hostiles aux « étrangers », c’est-à-dire à celles et ceux venus de pays voisins (notamment Malawi, Zimbabwe, Mozambique, Nigeria, Ghana, etc.), mènent campagne en affirmant que le pays est submergé par ces immigrés qui priveraient les Sud-Africains d’emploi, satureraient les services publics et seraient responsables de taux de criminalité élevés. Refrain entonné par l’extrême droite de tous les pays du monde. Ces groupes, dont l’action a déjà fait cinq morts, avaient fixé au 30 juin un ultimatum aux migrants pour quitter le pays et avaient organisé ce jour-là manifestations et rassemblements un peu partout. Au cours de ce seul mois, plus de 25 000 d’entre eux ont préféré, sous la pression, rentrer chez eux par leurs propres moyens. C’est beaucoup, mais finalement assez peu lorsqu’on sait que quelque trois millions d’étrangers, soit 5,1 % de la population, vivent dans le pays, attirés par des perspectives d’emploi de la première économie du continent. Ce flux migratoire n’est pas près de cesser malgré la propagande xénophobe dont le premier résultat est de diviser les classes laborieuses d’Afrique du Sud, par ethnies ou nationalités.

Un an après la mobilisation contre la loi Duplomb, et dans le cadre du projet de « loi d’urgence agricole », le Sénat vient de voter la réintroduction de deux insecticides (l’acétamipride et le flupyradifurone), considérés comme dangereux pour la santé, interdits en France mais autorisés ailleurs en Europe. La Chambre haute, largement dominée par la droite, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle prévoit notamment d’alléger les obligations environnementales pour le captage de l’eau ou de faciliter les élevages intensifs de poules et de porcs. Un agenda qui lui est dicté par la principale organisation agricole, la FNSEA, dominée par l’agrobusiness et dont le sénateur Laurent Duplomb, qui mène la danse, est un dirigeant actif.

Les étudiants non européens et non boursiers vont être privés d’aides personnalisées au logement (APL) à compter du 1er juillet. Cette nouvelle mesure, inscrite dans le projet de loi des Finances et validée par le Conseil constitutionnel, prévoit de « limiter l’accès au droit à une aide personnelle au logement pour les étudiants extra-communautaires à ceux remplissant les conditions pour être titulaires d’une bourse d’enseignement supérieur sur critères sociaux ». Les étudiants en apprentissage ou exerçant une activité professionnelle en parallèle de leurs études pourront en revanche conserver leur aide au logement. Le gouvernement entend ainsi décourager nombre d’étudiants étrangers de venir faire leurs études ici. La mesure est dénoncée par les associations d’accès au logement et les organisations étudiantes, dont certaines parlent de l’instauration d’une « préférence nationale », à la limite du racisme et de la xénophobie.

Selon un rapport de l’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB), qui dépend de la Banque de France, le nombre de dossiers de surendettement a bondi de 10,7 % sur les cinq premiers mois de 2026, après avoir connu une hausse de 9,8 % en 2025. 62 % des personnes concernées vivent sous le seuil de pauvreté et 26 % sont au chômage. La part des jeunes de 18-29 ans parmi les dossiers de surendettement a poursuivi son augmentation au premier trimestre 2026, atteignant 15 %, contre 12 % en 2025 et 5 % en 2022. Au total, 150 000 dossiers de surendettement ont été déposés l’an dernier. L’augmentation du surendettement se produit dans un contexte où les plus fragiles subissent les effets de l’inflation et où l’entrée sur le marché du travail et l’accès au logement sont difficiles. Plus concrètement, alors que le pays s’enfonce dans la crise, ce sont les plus précaires – au premier rang desquels les jeunes – qui paient en priorité les pots cassés.

Le gouvernement vient de confirmer que les aides à la rénovation MaPrimeRénov’ allaient connaître de nouvelles restrictions. L’isolation des toits, des combles ou encore le changement de fenêtres ou la pose de volets, notamment, n’y donneront plus droit à moins de faire partie d’une rénovation globale de l’ensemble du logement ou du bâtiment, parfois trop coûteuse pour nombre de petits propriétaires. C’est une politique de gribouille qui, sous prétexte de faire des économies, taille à la hache dans les aides à la rénovation énergétique qui participent à la fois à la lutte contre le réchauffement climatique et à l’adaptation. Ces mesures devraient être effectives au 1er septembre prochain. Rendez-vous donc à la prochaine canicule où le ministre du Logement et ses collègues nous expliqueront à n’en pas douter qu’ils déploient des mesures gigantesques pour protéger la population contre les trop fortes chaleurs. Ils ne sont plus à un mensonge près.

L’association Li’llah, qui organise des maraudes dans les rues pour venir en aide aux SDF, a porté plainte pour agression physique et verbale raciste et islamophobe, après que plusieurs ses membres ont été pris à partie verbalement et physiquement dans le centre de Paris, quartier des Halles, par des policiers hors service. Li’llah, qui compte dans ses rangs de nombreux bénévoles musulmans, précise que l’un des agresseurs a donné plusieurs coups à l’aide d’une barre de fer, après avoir présenté sa carte de police, alors qu’un autre arrachait son foulard à une femme en criant : « Cassez-vous les bougnoules. » Trois bénévoles ont été transportés à l’hôpital et se sont vus octroyer des jours d’ITT en raison de « traces de blessures au cou, aux genoux ». Un des agresseurs a été interpellé puis rapidement relâché, ce qui n’est vraiment pas une surprise s’agissant d’un policier…

Le gouvernement israélien a approuvé à l’unanimité la reconnaissance du génocide arménien, perpétré en 1915 dans l’Empire ottoman et qui fit un nombre de victimes évalué entre 600 000 et 1,5 million. Mais même après la chute de l’Empire ottoman et la proclamation de la république de Turquie en 1923, les nouveaux dirigeants ont toujours réfuté le terme de génocide. Et le président actuel, Recep Erdoğan, est toujours sur la même ligne. Jusqu’à présent les gouvernements israéliens successifs avaient évité de reconnaître ce génocide, notamment afin de préserver leurs bonnes relations avec la Turquie, autrefois l’un des plus proches partenaires stratégiques du pays dans la région. Mais depuis plusieurs années ces relations se sont détériorées et Ankara est devenu très critique de la politique menée par l’État sioniste en Cisjordanie, à Gaza et au Liban. La reconnaissance du génocide n’a donc pas grand-chose à voir avec une forme de solidarité à l’égard des Arméniens et est une pierre envoyée par Netanyahou et ses complices dans le jardin d’Erdoğan. Cerise sur la gâteau cette « décision historique » été proposée par Gideon Saar, le ministre des Affaires étrangères, colonialiste notoire et complice du génocide gazaoui.

C’est la conséquence directe de la vague de chaleur qui nous touche depuis la semaine dernière : une coupure de courant a privé 27 000 foyers d’électricité dans plusieurs villes des Yvelines, en Île-de-France, avant qu’un épisode orageux ne provoque de nouvelles coupures dimanche. Une preuve de plus (parmi tant d’autres) que non, nous ne sommes décidément pas « logés à la même enseigne » que Bernard Arnault ou Emmanuel Macron ! Eux n’ont pas à jeter les courses de la semaine, rendues impropres à la consommation faute de frigos. Ils ne doivent pas non plus sortir les bougies pour éviter de se cogner dans de petits HLM mal isolés, qui rendent nos nuits pénibles avant une journée de plus dans le cagnard. En revanche, les travailleurs dépêchés dans l’urgence pour rétablir le courant ont montré qui sont les véritables essentiels sans qui rien ne fonctionne, et qui devraient décider de tout : ceux qui travaillent.