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20 juin : une manifestation contre toutes les répressions et pour faire entendre la nécessité d’une contre-offensive d’ensemble

Février 2014 : les postiers de quatre villes du 92 sont en grève contre la précarité. Face au refus de négocier de leur direction, les grévistes se rendent au siège de La Poste.

Le 10 juillet 2025, onze ans après, Brahim, Dalila, Gaël, Mohamed et Yann, syndicalistes de SUD Poste 92 qui faisaient partie des grévistes, ont été condamnés pour « violation de domicile ». Alors que la vidéosurveillance projetée lors du procès confirmait les dires des camarades, Gaël Quirante, secrétaire du syndicat, a en plus écopé de six mois de prison avec sursis. Un verdict qui marque une volonté de briser les résistances, à l’image du déferlement de poursuites disciplinaires et pénales récentes à La Poste : Didier de SUD Poste 13, menacé de révocation par des cadres qui retournent l’accusation de harcèlement contre un lanceur d’alerte, Éric Dyson, secrétaire de la CGT FAPT 59, en procédure disciplinaire lui aussi pour son engagement syndical…

Les cinq postiers du 92 ont fait appel. Sans attendre la date du nouveau procès, avec leurs camarades postiers réprimés et leurs soutiens, elles et ils ont décidé d’appeler à une manifestation contre toutes les répressions.

Regrouper les secteurs visés par la répression

L’objectif de la manifestation du 20 juin : regrouper un maximum de secteurs militants visés par la répression. Elle partira du siège de La Banque postale pour protester contre la brutalité de la direction de La Poste, et se dirigera vers le ministère du Travail pour donner un débouché commun à un maximum de secteurs.

Cette initiative est prise en charge par des équipes syndicales combatives SUD et CGT à La Poste, mais aussi dans d’autres secteurs, comme le commerce ou la logistique, et par la fédération SUD PTT. Objectif : s’adresser à un maximum d’équipes militantes et de forces organisées dans le secteur postal et au-delà. Il est y compris envisagé que la manifestation passe devant le ministère des Affaires étrangères, pour associer les camarades visés par la répression à l’encontre de la solidarité avec la Palestine.

Exprimer la nécessité d’une contre-offensive de classe

Cette manifestation est susceptible d’exprimer quelque chose de qualitativement autre que le seul rejet de la répression : la nécessité d’une contre-offensive de notre classe, sur un terrain politique. L’absence d’échéances interprofessionnelles depuis de longs mois, ainsi que l’investissement d’équipes ouvrières combatives, font de cette initiative un rendez-vous qui peut avoir un écho réel.

10 juin : un procès à fort enjeu

Une autre date est venue s’ajouter : un nouveau procès contre Gaël. La direction s’appuie sur la condamnation pour « violation de domicile » pour tenter de revenir sur un des acquis de la grève de 2018-19, à savoir le maintien de l’activité de Gaël à La Poste malgré son licenciement il y a huit ans. Une journée de grève aura lieu ce même jour à La Poste dans le 92, pour défendre à la fois Gaël, le droit des postiers à s’exprimer et à s’organiser, et contre les suppressions d’emplois.

Correspondant