Mercredi 11 février, les agents de l’aiguillage se sont mis en grève en totalité contre un projet de réorganisation. Ils ont réussi à paralyser leur site : une première depuis bien longtemps !
Garder la même combativité…
Il faut dire que la colère est très forte, contre une direction qui veut supprimer deux postes. Cette restructuration va entraîner une forte dégradation des conditions de travail, avec notamment des roulements aux rythmes bien plus éprouvants.
Quelques jours avant la grève, la direction sous-estimait encore le degré de mobilisation des travailleurs. Sûre d’elle-même, elle laissait entendre qu’elle tenait les agents par le portefeuille. En effet, les grands directeurs sont bien placés pour savoir que les salaires sont trop bas !
Pourtant, par leur grève, décidée à la base, les aiguilleurs ont réussi à paralyser l’un des plus gros triages du pays ! Deux postes d’aiguillage sur trois ont fermé pendant vingt-quatre heures, et le service minimum a été assuré uniquement par quelques cadres, dépêchés pour casser la grève.
…et faire vivre la démocratie ouvrière !
Le jour de la grève, seuls quelques travailleurs ont suivi l’appel au rassemblement et à l’assemblée générale. Mais ceux qui ont fait ce choix ont pu discuter pendant plus de deux heures, en étant visibles d’autres travailleurs du site, contents de voir des collègues se battre. Parmi eux, les graisseurs – agents participant à l’entretien des aiguilles – ont annoncé leur volonté de se joindre aux prochaines journées de grève. Eux aussi sont confrontés à des projets de réorganisation. Si la colère des aiguilleurs devient contagieuse, tant mieux !
Les collègues mobilisés sont ressortis très satisfaits de cette journée, et surtout très fiers d’avoir réussi à imposer collectivement la mise à l’arrêt du site. Ils ont décidé en assemblée générale d’appeler, dans un tract signé en leur nom, à reconduire la grève le lundi suivant et à se réunir de nouveau.
Stanislas Erren