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Dans ActuGrenoble — Municipales à Grenoble. Baptiste Anglade, candidat NPA-R : « Il faut réquisitionner des logements »

Ci-dessous une interview de Baptiste Anglade, candidat NPA-R aux municipales par ActuGrenoble

 

 

Baptiste Anglade est le candidat de la liste soutenue par le NPA-Révolutionnaires aux municipales de Grenoble. (©Lisa Rodrigues / actu Grenoble)

Baptiste Anglade est le candidat de la liste soutenue par le NPA-Révolutionnaires aux municipales de Grenoble. Il a répondu aux questions de la rédaction sur son programme.

Il se présente comme le candidat des travailleurs. Baptique Anglade est la tête de liste soutenue par le parti NPA-Révolutionnaires aux municipales à Grenoble. Éducateur de rue, il n’en est pas à sa première élection : il s’est déjà présenté aux législatives et aux européennes de 2024.

“Le point de départ de notre candidature, c’est défendre un programme de lutte qui part des besoins des travailleurs et des jeunes”, insiste Baptiste Anglade auprès d’actu Grenoble.

Actu : Concernant la sécurité, quelles mesures proposez-vous ?

Baptiste Anglade : Ces questions de sécurité sont instrumentalisées par la droite et l’extrême droite, alors qu’elles sont responsables de la situation.

Nous, on parle de violence sociale, avec la casse des services publics, les bas salaires, les licenciements… On supprime les services essentiels aux plus précaires. C’est ça la première insécurité. Pour plus de sécurité, il faudrait plus d’éducateurs, plus de logements à prix abordables…

En tant qu’éducateur de rue, est-ce que vous voyez cette insécurité dans les quartiers ?

BA : Au quotidien, ce n’est pas la question du deal qui inquiète. C’est comment finir la fin du mois, avoir une scolarité dans de bonnes conditions pour ses enfants, les loyers trop chers, l’insalubrité des logements…

Il y a une récupération politique autour de ce thème de l’insécurité. Je trouve ça révoltant de voir certains politiciens essayer de faire carrière en stigmatisant les plus précaires, sans jamais régler le problème et en sortant toujours les vieilles recettes « plus de police et plus de caméras ».

Le secteur de l’Arlequin à Grenoble est le prochain gros morceau du grand chantier de rénovation des Villeneuves, entre Grenoble et Échirolles.

Est-ce qu’il faut plus de policiers à Grenoble ?

BA : Il ne faut pas plus de police et on pense qu’elle ne doit pas être armée. Pour nous, elle est là pour maintenir la violence sociale.

Exproprier les multipropriétaires

Vous avez parlé des logements. Êtes-vous favorable aux réquisitions ?

BA : C’était une promesse électorale de la mairie d’Éric Piolle, qui a été la plus à gauche de France. Il y a même eu un arrêté pour encadrer les loyers et un arrêté anti-expulsion. Mais au quotidien, les expulsions continuent.

Oui, il faut la baisse des loyers et des charges, il faut réquisitionner les logements vides et aller vers l’expropriation des multipropriétaires. On veut aussi réhabiliter l’ensemble des logements sociaux.

Pour la gratuité des transports

L’une des propositions qui revient dans cette campagne, ce sont les transports gratuits. Faut-il l’instaurer ?

BA : Oui, il faut les rendre gratuits et les étendre.

On veut aussi développer le vélo et les transports publics en écoutant les travailleurs qui font tourner ces services. Il faut sortir la question des mobilités de la logique marchande, parce que ça ne peut que créer des inégalités et une offre de service dégradée.

Comment feriez-vous pour développer les transports s’ils sont gratuits ?

BA : L’argent, il y en a dans les comptes en banque des patrons. Les millionnaires n’ont jamais été aussi nombreux en France et dans le département. Mais il ne suffira pas de gérer les institutions, il faut travailler à une mobilisation d’ampleur.

Rendre tous les équipements municipaux accessibles

Faut-il poursuivre la politique de piétonnisation à Grenoble ?

BA : On n’est pas opposé à la piétonnisation, mais il faut changer de logique. La politique d’urbanisme de la majorité sortante dans plusieurs quartiers – et que nous promettent d’autres candidats – tend à remplacer les plus précaires par une population plus privilégiée.

Il y a aussi la question des équipements municipaux : on est pour rendre leur accès gratuit et les étendre. La mairie d’Éric Piolle a lancé un plan qui a détruit des services publics, elle a fermé notamment deux bibliothèques dans les quartiers populaires.

Concernant l’éducation et la jeunesse, que voulez-vous mettre en place ?

BA : On est pour le droit de vote des étrangers et des jeunes à partir de 16 ans. On est aussi pour la régularisation de l’ensemble des sans-papiers.

On appelle surtout la jeunesse à se révolter contre l’avenir que lui propose le capitalisme.

« Embaucher massivement » dans les écoles

Avez-vous un plan pour les écoles et le périscolaire ?

BA : On est pour embaucher massivement et augmenter les salaires. On pense que c’est comme ça qu’on peut avoir de bonnes conditions d’accueil dans les crèches et les écoles, mais aussi les maisons de retraite.

Beaucoup de candidats mettent en avant la cantine gratuite. Qu’en pensez-vous ?

BA : Il faut rendre la cantine gratuite. Ce n’est pas possible d’aller à l’école le ventre vide.