Début février, les médecins employés par la municipalité de Gennevilliers en CMS (centre municipal de santé) ont appris que la ville de Gennevilliers avait décidé de baisser de 20 % leur rémunération, en faisant passer leur traitement brut horaire de 50 à 42 euros pour leur activité en PMI (protection maternelle et infantile), alors qu’aucun horaire, mission ou responsabilité des médecins n’ont été modifiés. Modification du contrat de travail sans prévenir les salariés… Les décisionnaires ne se sont pas embarrassés avec la légalité. En menaçant ainsi au moins trois praticiens de licenciement, il s’agissait bien de menacer les structures de fermeture.
La mairie prétextait une baisse budgétaire et de subvention du département. Baisse démentie par les syndicats des professionnels des centres de santé, qui montrent au contraire que les dotations augmentent.
Après s’être défaussé sur le département (aussi parce que la protection maternelle et infantile relève de sa compétence), déjà responsable de la fermeture de deux PMI dans la ville, le maire PCF, Patrice Leclerc, a finalement décidé de ne pas toucher à la rémunération, reconnaissant que « La PMI municipale n’est pas une commodité : c’est un pilier de la solidarité territoriale ».
Il aura fallu une mobilisation des médecins soutenus par les syndicats des centres pour faire entendre raison à la municipalité. À l’heure où les services publics s’effondrent dans les quartiers populaires, et où le gouvernement enjoint à faire des enfants tout en laissant de plus en plus de structures accompagnatrices et médicales aux frais des usagers, les praticiens et salariés des PMI et CMS ont eu bien raison de ne pas se laisser faire.
Helia Perroni