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MNA de Rouen : leur place est à l’école !

Vendredi 6 mars, c’est la rectrice de Normandie elle-même qui a été obligée de le reconnaître devant les représentants de l’intersyndicale FSU, CGT et Solidaires de Seine-Maritime reçus en audience à leur demande : il n’est pas normal que des jeunes de moins de 16 ans ne soient pas scolarisés ! C’est pourtant le cas de plusieurs des jeunes du collectif des jeunes mineurs non accompagnés de Rouen. Devant la liste précise fournie par les syndicalistes, il était effectivement compliqué de nier l’évidence. Et pour la première fois depuis le début de la lutte du collectif, entamée il y a maintenant plus d’un an, les plus hautes autorités de l’académie présentes autour de la table ne faisaient pas de la reconnaissance par l’ASE de la minorité de ces jeunes une condition préalable à leur scolarisation. Cette reculade est due à l’acharnement du collectif et de ses soutiens mais aussi à la menace de poursuites en justice envisagées sérieusement par le collectif, car c’est la négation des droits fondamentaux des enfants à la scolarisation, pourtant intangible, indépendamment de la nationalité et de la situation administrative de ceux-ci. La présomption de minorité doit être respectée, la nier pour ces enfants venus de pays étrangers est de fait une véritable discrimination. À la fin de l’audience, la rectrice s’est aussi engagée à ce que tous les jeunes non encore pris en charge par l’ASE ou en attente de leur recours devant le juge des enfants puissent être accompagnés par un adulte référent désigné par le collectif pour les représenter auprès du CIO pour leurs tests d’orientation et leur rendez-vous d’évaluation pour leur niveau de langue française. Une avancée majeure, elle aussi fruit de la mobilisation.

Pas trop le temps de trop se réjouir qu’à peine cinq jours plus tard, le mercredi 11 mars, le rassemblement prévu par les délégués du collectif devant les grilles du rectorat était accueilli par une rangée de CRS avec LBD et boucliers. Le collectif MNA lui-même reste visiblement perçu comme indésirable par la hiérarchie de l’Éducation nationale qui peut faire amende honorable verbalement le vendredi mais reste dans les faits bien lente à ouvrir des places à l’école à ces jeunes. Bref, rien de neuf pour le collectif, qui a fait retentir son slogan une nouvelle fois devant les grilles bien hautes du rectorat : « La lutte, la lutte jusqu’à la victoire » !

Correspondante