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Lisi Automotive : une nouvelle semaine de grève contre la fermeture

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Les ouvriers de l’usine Lisi Automotive de Puiseux-Pontoise (95) sont toujours en lutte : mi-janvier la direction annonçait la fermeture, avec 131 licenciements à la clé. La grève qui a fait suite à l’annonce avait été interrompue par les négociations. La direction ne proposait que 300 euros d’indemnités supra-légales par année d’ancienneté, puis 1400 euros.

Alors lundi 23 mars, les ouvriers se sont remis en grève, ce qui a élevé le montant à 1800 euros en quatre jours (36 000 euros pour 20 ans d’ancienneté, 50 000 euros toutes primes confondues). En production, la grève a été suivie à 90 % sur les trois équipes (100 % sur deux d’entre elles). Elle s’est arrêtée vendredi : aussi sur injonction des syndicats. Certains ouvriers le disent : « Nos syndicats ne sont pas vraiment des chevaliers de la table de négo ! » Car pour tout le monde, les miettes de la direction sont insuffisantes : 3 300 euros d’indemnité supra-légales seraient un minimum.

Les négociations sont prévues jusqu’en avril – si la lutte n’oblige pas aux prolongations ! – et la fermeture pour octobre. Pour beaucoup, isolés et dos au mur, difficile de croire en la force de la lutte. Pourtant Lisi Automotive fabrique des fixations pour toute l’automobile : 30 % de la production fournit Stellantis, 18 % Renault, le reste pour Mercedes et BMW partout en Europe. Comme le dit un ouvrier : Emmanuel Viellard, PDG de Lisi et président du Medef Franche-Comté, est « copain comme cochon avec la famille Peugeot », ex-actionnaire à 5 % de Lisi, qui a « retiré ses billes » à l’annonce de la fermeture. Preuve que les patrons, eux, savent se coordonner.

Alors qu’à quelques kilomètres, les salariés de Brandt Saint-Ouen-l’Aumône se battent eux aussi contre la liquidation de leur site, ceux de Stellantis Poissy contre la fermeture du leur (avec des contacts pris chez tous les sous-traitants, MC Synchro à Chanteloup, Lear à Éragny et bien d’autres), les ouvriers de toutes ces entreprises menacées dans la même zone pourraient bien, à leur tour, multiplier les contacts en vue de se coordonner. Une chose est sûre, quelle que soit l’issue et avant la fin des négociations, les ouvriers de Lisi Automotive n’ont pas dit leur dernier mot !

Léo Baserli