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Qu’y a-t-il derrière le « non à la guerre » de Pedro Sánchez ?

Lundi 30 mars le gouvernement socialiste espagnol a annoncé l’interdiction de son espace aérien aux avions américains engagés dans cette guerre. Certains bombardiers doivent contourner la péninsule ibérique. Même avec la flambée du kérosène, le surcoût du voyage n’a pas ruiné les États-Unis, comparé au prix des missiles envoyés sur l’Iran (deux millions de dollars pièce pour un missile standard). Sur l’hypocrisie de cette opposition de façade du gouvernement socialiste espagnol nous reproduisons ci-dessous quelques extraits d’un article de nos camarades d’Izar, groupe trotskiste espagnol.

Tout comme pour sa position face au génocide perpétré par le sionisme, le gouvernement PSOE-Sumar a reçu plusieurs marques de soutien, tant au niveau national qu’international, et a été présenté comme un exemple d’opposition à l’impérialisme de Trump. En fait, c’est Trump lui-même qui a le plus contribué à renforcer l’image de Pedro Sánchez, surtout au niveau international, d’abord avec son coup de gueule lors d’une réunion avec le chancelier allemand, affirmant que « personne ne lui dira qu’il ne peut pas utiliser ses bases » tout en menaçant l’Espagne d’un embargo commercial, puis avec des déclarations quelques jours plus tard dans lesquelles il disait que « l’Espagne est une perdante ».

Les bases militaires de Rota et Morón ont joué un rôle clé au début de la soi-disant « Opération Furia Épica », en assurant la couverture du départ de deux porte-avions et de dix avions qui ont participé à l’agression impérialiste contre l’Iran. À peine un jour après la déclaration officielle faite par Sánchez le 4 mars, on a annoncé l’envoi de la frégate Cristóbal Colón en Méditerranée orientale pour accompagner le navire français Charles de Gaulle, après l’impact d’un drone sur la base britannique d’Akrotiri (Chypre). Cette action a été légitimée par « l’engagement envers la défense de l’Union européenne et de sa frontière orientale », en omettant que la base d’Akrotiri est une enclave du Royaume-Uni, pays qui n’est plus membre de l’UE. Par conséquent, la frégate a été envoyée pour défendre des installations qui servent de plate-forme aux attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.

Mais on a d’autres exemples : les bases de Rota et de Morón continuent de fonctionner tout à fait normalement, comme l’a affirmé une représentante du comité des travailleurs de la base navale de Rota dans elDiario : « On travaille normalement. Les circonstances n’ont en ce moment rien changé. On reste chacun à notre poste, sans restrictions ni changements dans le travail. » Ce qui est corroborée par les données publiées sur le site Flightradar, qui a recensé plusieurs vols programmés à Rota sans enregistrement après le veto, ce qui renforce l’idée que, même si elles ne sont pas utilisées directement pour des bombardements, les bases continuent d’être utilisées comme escale par la marine américaine en direction de l’Iran.

Et enfin, le Conseil des ministres a approuvé un transfert de crédits de plus de 1,3 milliard d’euros au ministère de la Défense sans expliquer à quoi ces fonds vont servir, se contentant de signaler que l’argent sera destiné à « répondre à des besoins incontournables ». Augmenter d’un coup de plus de 10 % un budget militaire qui n’a cessé de croître ces dernières années n’est pas anodin, même si ce n’est pas la première fois que le prétendu « lgouvernement le plus progressiste de l’histoire » agit ainsi : en 2025, par exemple, ils ont approuvé plus de 6,3 milliards d’euros supplémentaires pour la Défense, destinés à la modernisation militaire. Heureusement que la position du gouvernement, c’est « non à la guerre »  !