À Fontenay-sous-Bois, les tonnelles étaient de sortie. Devant le site de Cenexi, sous-traitant de l’industrie pharmaceutique, elles sont devenues le symbole de la bagarre qui oppose les salariés du site au patron. Plus que 90 grévistes se sont à nouveau rassemblés pour exprimer leur colère face à la proposition faite aux dernières NAO d’une augmentation de 20 euros brut : « Même pas deux MacDo ! » En mouvement depuis plus d’un mois, ils se battent pour 100 euros net d’augmentation, le minimum pour ne plus finir le mois dans le rouge. Ils ont déjà huit jours de grève reconductible au compteur, suivis d’une semaine de débrayage1, à la fin de laquelle ils avaient voté l’organisation d’une nouvelle journée de grève pour le 24 mars. Car malgré l’opposition de certains, dans ce mouvement, on vote : pour continuer ou non, pour accepter ou refuser la proposition de la direction, pour élire la trésorerie de la caisse de grève…
Une manœuvre de la direction, mais aussi un acquis de la grève
Depuis l’annonce de la journée du 24, constatant la détermination des grévistes, la direction a bataillé pied à pied pour essayer de démoraliser et diviser. Dans un premier temps, les chefs ont prétendu que la grève n’avait pas d’impact en disant que les chiffres étaient bons. Les faits leur donnant tort, ils ont fini par faire volte-face et faire afficher dans les services une note disant que, même s’ils n’étaient pas opposés au droit de grève (grand bien leur fasse !), la grève devenait contre-productive. Mais n’est-ce pas le propre de la grève de ne pas être productif ?
Voyant que cela n’avait toujours pas d’effet, la direction a fini par accéder à la demande des salariés du bloc stérile, dont la participation à la grève avait été très remarquée. Ceux-ci, qui travaillent à longueur de journée avec un masque, demandaient depuis des mois une revalorisation de la « prime de masque », soit environ 70 euros brut par mois. Sur la base de cette victoire partielle, une partie n’a pas fait grève. Cependant, le reste du service était bien présent sur le piquet, avec l’idée que si la direction a lâché 70 euros pour une partie des salariés, elle peut le lâcher pour tous !
Des soutiens nombreux
En plus des grévistes, les soutiens étaient nombreux. Les militants de la CGT des sites Sanofi de Vitry-sur-Seine et Maisons-Alfort sont venus réitérer leur soutien. Ceux de Maisons-Alfort sortent de quatre mois de grève contre la vente de leur site à un sous-traitant et ceux de Vitry s’étaient aussi bagarré pour la sauvegarde de leur site. Des militants Sud et CGT de la Poste et de la SNCF sont aussi intervenus sur le piquet, car l’offensive patronale, ce n’est pas qu’à Cenexi mais dans toutes les boîtes. Et Cenexi n’est pas la seule à riposter !
L’union locale CGT de Fontenay était également présente, de même que le maire PCF de la ville, LFI, Lutte ouvrière, et, bien sûr, le NPA-Révolutionnaires !
Les grévistes ont d’ores et déjà fixé une prochaine journée de grève en avril. Le bras de fer continue.
Correspondants
1 Voir nos précédents articles parus dans les numéros 51 et 52 de Révolutionnaires.
