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Face à la répression antisyndicale contre Baptiste Anglade, la riposte collective s’organise

Notre camarade Baptiste Anglade, en tête de notre liste aux élections municipales à Grenoble, est poursuivi pour avoir exercé son activité syndicale et pour avoir soutenu une mobilisation de travailleurs et d’étudiantes du social.

Poursuivi pour avoir participé aux mobilisations anti-austérité du 10 septembre

La plainte a été déposée quelques jours après le 10 septembre, par la direction d’Ocellia, l’école du social et médico-social de l’agglomération grenobloise. À Grenoble, la mobilisation contre les mesures d’austérité avait réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes. Les étudiantes d’Ocellia s’étaient mobilisées pour préparer cette journée, faisant de l’école le point de ralliement des grévistes des différentes structures du social. Comme cela se fait depuis des années, des travailleurs sociaux mobilisés sont venus en soutien et ont participé au piquet de grève. Une habitude de solidarité que la direction d’Ocellia aimerait voir disparaître.

Il aura pourtant fallu plusieurs mois avant que la plainte ne donne lieu à des suites, durant la campagne pour les municipales à Grenoble. La direction reproche à notre camarade d’avoir été « chef des fauteurs de troubles ».

Cette offensive de la direction s’explique par son côté revanchard. En 2023, une grosse mobilisation dans l’école avait gagné face à la direction, l’obligeant à embaucher plusieurs postes ou encore à avoir une restauration à prix Crous.

Cette expérience a laissé des traces. Aujourd’hui, en maintenant sa plainte, la direction cherche à prendre sa revanche et à dissuader celles et ceux qui voudraient se mobiliser à nouveau dans l’école.

Un rassemblement massif devant le commissariat

Le 5 février 2026, Baptiste Anglade est convoqué au commissariat d’Échirolles.

Immédiatement, une large solidarité s’organise. Près d’une cinquantaine d’organisations, syndicats, associations, organisations politiques, collectif de travailleurs sociaux appellent à un rassemblement de soutien.

Le jour même, plus de 120 personnes se réunissent devant le commissariat. Tous dénoncent une tentative de criminalisation de l’action syndicale et, plus largement, une offensive contre l’ensemble des luttes sociales.

Une audition assumée politiquement

Face aux policiers, Baptiste Anglade ne recule pas. Il assume pleinement son engagement : oui, il était présent le 10 septembre ; oui, il soutenait une mobilisation légitime.
Sa ligne de défense est claire : il n’y a pas de délit, seulement une activité syndicale normale. Il dénonce une procédure visant à « faire un exemple » et à intimider celles et ceux qui s’organisent collectivement.

Pour le militant, difficile de ne pas voir un lien avec son engagement politique et sa candidature aux municipales. L’objectif serait double : dissuader les mobilisations dans le secteur social et tenter de faire taire une voix militante.

Une nouvelle étape judiciaire et un nouvel appel à la mobilisation

À l’issue de cette première convocation, une nouvelle échéance est fixée. Baptiste Anglade est convoqué le 16 avril 2026 devant le délégué du procureur, dans le cadre d’une procédure de « classement sous conditions », pouvant déboucher sur un avertissement pénal avec reconnaissance de culpabilité.

Une perspective inacceptable, qui reviendrait à accepter une faute et un délit de mobilisation.

Face à cette nouvelle étape, la mobilisation se poursuit et s’amplifie. Plus d’une quarantaine d’organisations appellent déjà à un nouveau rassemblement le 16 avril, à partir de 13 heures 30, devant la mairie d’Échirolles, où l’audition doit se tenir.

L’enjeu dépasse largement un cas individuel. Il s’agit de défendre les libertés syndicales et de faire reculer une offensive patronale et institutionnelle qui vise à intimider l’ensemble du mouvement social.

Mathieu Scopa