Nos vies valent plus que leurs profits

Altercation au lycée Guesde (Montpellier) : exigeons de meilleures conditions de travail et d’étude !

Vendredi dernier, une altercation physique a eu lieu entre des élèves et un enseignant dans les couloirs du lycée Jules-Guesde de Montpellier. La scène a été filmée et relayée sur les réseaux sociaux, mais aussi commentée dans certains médias bien contents d’avoir un nouveau fait divers à se mettre sous la dent. Des experts de plateaux télé cherchent à déterminer qui des élèves ou du prof a « commencé » et serait responsable. Beaucoup, à droite ou à l’extrême droite, y voient un prétexte pour déployer leur habituelle démagogie sécuritaire : il faudrait plus de caméras, plus de flics, plus d’autorité. Mais tous se moquent bien des vrais problèmes structurels qui pourrissent le quotidien du personnel de l’éducation comme des élèves et qui se répercutent tragiquement sur les rapports humains dans les établissements.

Où trouver les vrais responsables ?

Car d’autres formes de violence, moins sensationnalistes certes, sont à l’œuvre en permanence dans les établissements : à chaque fermeture de classe, à chaque employé non remplacé, à chaque fois que des locaux vétustes ne sont pas rénovés, les profs, AED, AESH, infirmières ou psychologues doivent faire plus d’heures, prendre en charge davantage d’élèves, avec moins de moyens, avec des statuts plus précaires et des salaires qui stagnent. Et ce sont des élèves et des agents qui sont laissés de côté, obligés de se débrouiller dans leur coin.

Cette situation de sous-effectif et de sous-investissement se rajoute à un contexte économique et politique qui se tend, au rythme des attaques du grand patronat et de la montée des rivalités impérialistes. Car les bahuts sont aussi des caisses de résonance de toute la société. Quel avenir cette société propose-t-elle aux jeunes, en particulier ceux des milieux populaires, à part des boulots au Smic, le chômage ou l’armée ? Et pour les travailleurs et travailleuses de l’éducation, qu’est-il proposé à part se conformer aux moindres désirs du patronat qui cherche à diminuer les budgets des services publics et à renforcer le tri social à l’école pour disposer d’une main-d’œuvre toujours plus précaire ?

Mobilisons-nous !

Ces dernières semaines, de nombreuses écoles, collèges et lycées se sont mobilisés contre les coupes budgétaires, suite à l’annonce de la suppression de 4000 postes dans l’Éducation nationale, et une journée de grève nationale avait été appelée le 31 mars. Parfois, élèves et personnel se sont mobilisés côte à côte, car les uns et les autres dénoncent les mêmes attaques du gouvernement. Seules les mobilisations pour obtenir de meilleures conditions de travail et d’étude permettront de sortir de cette situation, d’éviter que des tensions s’accroissent et conduisent au genre d’évènement qui s’est produit. C’est ce qu’ont bien compris certains élèves au lycée Guesde ainsi qu’au lycée Joffre (un autre lycée de Montpellier), qui appelaient à se mobiliser mardi pour exiger plus de moyens. Les élèves mobilisés à Joffre ont ainsi écrit et distribué un tract à leurs camarades pour dénoncer la récupération médiatique de l’extrême droite, exiger de meilleures conditions de travail pour les profs et de meilleures conditions d’étude pour les élèves !

Correspondant