Depuis le début du procès en appel de Sarkozy dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, ce dernier avait une ligne de défense qui consistait à affirmer qu’il ne savait rien et que ce sont ses deux plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui avaient tout manigancé derrière son dos. Une défense qui vient d’être sérieusement malmenée par une longue lettre envoyée au tribunal par Guéant, absent des débats du fait de son état de santé dégradé. Il raconte par le menu un repas à Tripoli au cours duquel Kadhafi aurait demandé à Sarkozy de régler la situation judiciaire de son beau-frère, Abdallah Senoussi, condamné en France à perpétuité pour son rôle dans l’attentat du DC‑10 de l’UTA en 1989, qui avait fait 170 morts. Nullement choqué par une telle demande, Sarkozy aurait demandé à Guéant de régler la question. En fait tout ce petit monde n’a jamais hésité à se livrer à des magouilles sordides, facilitées sans doute par les sommes mirobolantes versées par le dictateur libyen. Et aujourd’hui, chacun rejette la faute sur l’autre.