Nos vies valent plus que leurs profits

Vincent Bolloré se débarrasse du PDG de Grasset

Vincent Bolloré, le milliardaire breton catholique traditionaliste, s’est fait une spécialité ces dernières années d’étendre son influence dans les médias en mettant notamment la main sur CNews, le JDD, Europe 1, Télé-Loisirs, Femme actuelle ou Paris Match… Il a aussi pris le contrôle de plusieurs maisons d’édition via le groupe Hachette notamment Armand Colin, Calmann-Lévy, Fayard, Larousse, Stock, Le Livre de poche… et Grasset. Comme dans ses autres médias, il impose ses quatre volontés. C’est qu’il vient de faire en limogeant le PDG de Grasset, Olivier Nora. En signe de protestation et de solidarité, 130 de ses auteurs ont fait savoir qu’ils quittaient l’éditeur. Dans une lettre ouverte ils dénoncent le « licenciement » du PDG et attaquent les pratiques de Bolloré. La gauche fait de même en l’accusant de transformer ses titres en « outils de propagande ». Ce qui est vrai. Mais dans cette affaire l’arbre Bolloré ne doit pas cacher la forêt. Car dans la société capitaliste une poignée de magnats détient la majorité des titres de presse et d’édition et n’hésite jamais à les mettre au pas. Dans ces conditions « l’indépendance éditoriale » est une illusion.