Fin mars, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi portée par Christophe Blanchet, député MoDem, ancien parachutiste, multipropriétaire et… chef d’un syndicat patronal ! Le contenu de la loi ? Rendre obligatoire 35 séances de « défense nationale » au collège et au lycée, avec la présence de réservistes dans les classes. Le tout coûtant de 10 à 15 millions d’euros.
Le cirque des réacs
Les députés RN adorent, exigeant que les futurs profs aussi soient formés à la défense, ou encore débitent le « roman national », des croisades jusqu’aux opérations de la Françafrique. Très peu pour nous. L’inspiration, on préfère la prendre chez les milliers de soldats et travailleurs qui s’étaient organisés en conseils révolutionnaires pour mettre fin à la boucherie de 1914 !
Un vent d’union sacrée
Au programme : célébration de la police et de l’armée, défense du patronat français et préparation des esprits à la « mobilisation ». Objectif affiché : nous faire croire que les ennemis sont de l’autre côté de la frontière et non ici dans les conseils d’administration bourrés d’exploiteurs en tout genre. Tout ça pour nous faire accepter aujourd’hui les sacrifices au profit de Total, Bouygues, Dassault et nous préparer à les défendre demain sous l’uniforme.
Quelle opposition au militarisme ?
Dans l’hémicycle, LFI proteste, mais soutient l’éducation civique – avec son volet défense nationale compris – en demandant que plus de moyens y soient accordés. Rien d’étonnant : ses ancêtres ont mis en place l’enseignement obligatoire de la défense (gauche plurielle de Jospin) et les classes défense (gauche Hollande).
Tous ces politiciens ont peut-être cru que les lycées marseillais – mobilisés pour exiger des moyens dans l’éducation plutôt que dans l’armée – demandaient en réalité des moyens pour l’armée dans l’éducation ! À nous de faire comme nos voisins allemands en multipliant assemblées et banderoles pour lever ce malheureux quiproquo…
Alexis Micshen