Nos vies valent plus que leurs profits

Si la retraite n’existait pas, Bardella ne l’inventerait pas…

Pour quelqu’un qui n’a jamais travaillé de sa vie et qui flirte de manière de plus en plus rapprochée avec le Medef, l’âge légal du départ en retraite n’est pas un « totem ». Exit le départ à 62 ans et le système de retraite par répartition défendu officiellement par Marine Le Pen… Bardella propose de prendre uniquement en compte la durée de cotisation (42 ans minimum) et d’ouvrir en grand les portes à la capitalisation !

Rien de neuf, Bardella recycle de vieilles recettes prônées par tant d’autres avant lui : Sarkozy, Macron, Philippe, Attal… Il tient juste à montrer sa tête pour la photo de la grande famille des serviteurs des actionnaires des fonds de pension.

Alors, certes, Marine Le Pen l’a vite recadré : jusqu’au 7 juillet, et la décision en appel sur son inéligibilité, la dirigeante du RN n’a pas envie d’apparaître comme déjà remplacée. Mais elle-même a su changer plusieurs fois ses positions sur la retraite et l’opportunisme du RN n’est plus à démontrer sur le sujet… Du temps de Le Pen père, le Front national défendait la retraite à 65 ans. Puis, jusqu’en 2022, le RN a défendu le départ à la retraite à 60 ans. Ensuite, ce fut le départ à 62 ans, puis le choix électoraliste de contester la réforme menée sous Macron en 2023 dans le contexte du mouvement de grèves et de manifestations. Mais, en juin 2024, après la dissolution de l’Assemblée nationale, quand Bardella se voit déjà à Matignon, il annonce renoncer à remettre en cause la dernière réforme et les patrons l’applaudissent déjà.

La versatilité du RN sur tous les sujets touchant de près aux intérêts du monde du travail n’est pas fortuite, c’est en fait une ligne de conduite qui lui permet de faire des voix. Sa fidélité envers les intérêts de la bourgeoisie l’exige.

Marie Darouen