Le Parlement a adopté le 2 juin dernier une loi reconnaissant la « part de responsabilité » de l’État dans le scandale de l’empoisonnement au chlordécone aux Antilles françaises.
Ce pesticide a été utilisé dans les bananeraies en Guadeloupe et en Martinique jusqu’en 1993, alors qu’il avait été interdit aux États-Unis depuis 1976 et malgré des alertes de l’Organisation mondiale de la santé sur sa dangerosité. Plus de 90 % de la population adulte en Guadeloupe et Martinique a été contaminée, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, autant dire toute la population. Outre les risques de cancer de la prostate, l’exposition à ce pesticide, un perturbateur endocrinien, entraîne des troubles neurologiques et des naissances prématurées.
Pendant des décennies, les pouvoirs publics sont restés les bras croisés en laissant les gros planteurs de bananes, les békés, descendants de propriétaires d’esclaves, utiliser ce produit qui a non seulement empoisonné les populations mais aussi les sols, les eaux et la végétation.
L’adoption de cette loi est une petite avancée pour les victimes et leurs familles qui avaient vu l’État français s’opposer systématiquement à toutes leurs demandes d’indemnisation. Mais, justement, pour l’instant, cette indemnisation est considérée comme un objectif lointain, et non comme une obligation immédiate de l’État. Le combat continue !
Lydie Grimal