Crever au boulot et crever sans boulot
Fin mai, les patrons du BTP se réunissaient dans l’Ain pour dénoncer le « scandale du chômage des jeunes ». Oui, le chômage progresse chez les 15-24 ans (21,5%). Qui en est responsable ? Les patrons qui n’embauchent pas et licencient ou qui, forts de la pression qu’ils exercent ainsi sur l’ensemble des travailleurs, embauchent dans les pires conditions de salaire et de travail.
Le revers de la médaille est sinistre : le soir même de l’annonce, un ouvrier de 19 ans meurt après avoir travaillé sur une toiture en pleine canicule. Deux jours après, un lycéen décède suite à un accident en formation agricole. Alors si les grands pontes du BTP sont à deux doigts de nous dire « le travail c’est la santé », c’est parce qu’ils vivent de notre boulot.
Merci patron !
Le Medef, première organisation patronale de France, nous propose sa solution sur BFM le 27 mai : les jeunes n’ont qu’à s’intéresser à la création d’entreprises. Rien que ça ! Et pour les 99,99 % de jeunes qui ne pourront jamais le faire, qu’ils aillent vite travailler via un CDI « spécial jeune exploité », sous-payé et qui permet de licencier aisément. Un tel « conseil », venant de la part de Patrick Martin, héritier fortuné et porte-parole du patronat français, vaut son pesant d’or et d’hypocrisie.
Patrick se permet de déclarer que « ce million et demi de gamins, ni en emploi, ni en études, ni en formation, soit ils s’abstiennent, soit ils votent aux extrêmes ». On se doute de quels extrêmes il s’inquiète : certainement pas du RN qui multiplie les courbettes devant le Medef. Car oui, les patrons font de la politique. Et pour Patrick, il faudrait qu’ils en fassent plus, en s’organisant pour « défendre leurs intérêts ». On garde le conseil : s’organiser, défendre nos intérêts, bien sûr… mais contre tous les capitalistes.
Alexis Micshen