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Reconnaissance des souffrances des enfants déportés de la Réunion

Le Parlement a définitivement adopté une loi prévoyant une réparation pour les « Réunionnais de la Creuse », plus de quarante ans après leur transfert forcé vers la métropole. Entre 1962 et 1984, plus de 2 150 enfants de la Réunion ont été déportés. Mettant en œuvre une politique empreinte de racisme et de colonialisme, Paris estimait qu’une telle déportation avait deux avantages : répondre à la croissance démographique de l’île, jugée trop importante, tout en remédiant partiellement au dépeuplement de certains départements métropolitains, notamment la Creuse. Cette politique a été responsable de traumatismes profonds et durables, les autorités coupant tout lien entre ces enfants et leur famille. Pendant des décennies, ils ont cherché à comprendre pourquoi ils avaient été arrachés à leurs parents, déplacés à des milliers de kilomètres de leur île natale, voire privés d’une partie de leur identité. Encore aujourd’hui, des familles continuent de rechercher des proches ou de reconstituer leur histoire. La loi prévoit la création d’une commission chargée du travail de mémoire, l’instauration d’une journée nationale d’hommage le 18 février et l’ouverture d’un droit à réparation sous la forme d’une allocation versée par l’État. Mais tout cela n’effacera pas que nombre de ces enfants ont eu leur vie définitivement piétinée.