Des responsables talibans ont été reçus dans la capitale belge par des représentants de la Commission européenne pour discuter du renvoi dans leur pays d’origine d’exilés afghans qui n’ont pas obtenu le droit l’asile. Une visite qui a suscité de vives critiques d’ONG et de défenseurs des droits humains. « On est au-delà du scandale », s’est insurgé Ludovic Laus, d’Amnesty International Belgique, qui appelait à un rassemblement de protestation devant le siège de la Commission. Il a accusé l’Union européenne de « se compromettre avec un régime complètement liberticide, qui piétine les droits humains chaque jour ». De son côté, la militante pakistanaise Malala Yousafzai, lauréate du prix Nobel de la paix, s’est dite « ébranlée et profondément troublée » par cette visite, en accusant les autorités talibanes « d’arrêter, de battre et d’exécuter les femmes qui osent s’exprimer et enfreindre les règles ». S’il arrive parfois à l’Union européenne de condamner la répression menée par le régime d’Afghanistan contre ses opposants, les membres des minorités ethniques ou religieuses et les femmes, cela ne l’empêche pas de pactiser avec le régime pour tenter de se débarrasser des réfugiés afghans présents sur son sol. Une éthique à géométrie très variable. Entre 2013 et 2024, environ un million de demandes d’asile ont été déposées par des Afghans dans des pays membres de l’UE et moins de la moitié a été approuvée.