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« Ultra fast fashion » : polluons… mais polluons français

Deux ans et demi après son dépôt, le Parlement a définitivement adopté une proposition de loi visant à enrayer l’essor de la mode éphémère (ultra fast fashion). Alors que le secteur textile représente près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les plateformes chinoises (Shein, Temu et AliExpress) sont accusées d’inonder le marché de produits bas de gamme à prix cassés, générant des montagnes de déchets et une importante pollution. L’objectif du texte est donc de lutter contre cette surproduction. Noble intention. Sauf qu’il ne s’applique qu’aux plateformes asiatiques et sans y inclure des enseignes françaises et européennes. Or, comme l’a expliqué le député écologiste Charles Fournier, « sous le poids des lobbies, l’ambition initiale du texte a été considérablement réduite » alors même que « Zara, H&M, Primark, Uniqlo ne sont pas devenus des modèles de la mode durable », a-t-il lancé. Quant à la coalition d’associations Stop fast fashion, qui regroupe notamment Emmaüs, Max Havelaar (commerce équitable) et Les Amis de la terre, elle a aussi dénoncé « une version très amoindrie ». Mais comme l’a dit un intervenant, il s’agissait avant tout « de préserver l’emploi français ». La défense de l’écologie n’a pas grand chose à voir dans cette affaire.