
Il est sans doute le plus connu des 9 000 prisonniers palestiniens, la plupart anonymes, enfermés dans les centres de détention de l’armée israélienne. Le docteur Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, à Gaza, a été arrêté le 27 décembre 2024, parce qu’il avait refusé l’ordre d’évacuation pour rester auprès de ses patients. Depuis lors, il est détenu sans inculpation ni procès, en vertu de la loi israélienne sur les « combattants illégaux ».
Le 10 juin 2026, la cour d’appel a rejeté sa demande de libération, et depuis il est encore plus soumis aux violences de ses gardiens. Son avocat a pu lui rendre visite le 2 juillet dans le centre d’interrogatoires « Rakfat », dans les sous-sols de la prison de Nitzan, située dans le centre d’Israël. Le Dr Abu Safiya est apparu accompagné par cinq gardiens masqués, mains et pieds enchainés, et le visage couvert de bleus. Il avait du mal à respirer et a semblé à plusieurs reprises être sur le point de s’évanouir. Il a dit à son avocat : « C’est sans doute la dernière fois que vous me verrez, ils m’ont amené ici pour me tuer. Je ne m’imagine pas continuer à vivre. C’est la fin. »
Selon l’avocat : « La dégradation de son état physique et mental, les bleus que j’ai vus sur son corps et les choses qu’il m’a dites pendant la visite ne laissent aucune place au doute : il est en danger immédiat. Il est obligatoire de le sortir d’ici, de le conduire dans un hôpital et de permettre un examen externe urgent de son état. » De son côté, « Doctors for Human Rights Israël » en appelle aux autorités et « avertit que face à l’état de santé du Dr Abu Safiya, tout retard dans cette intervention pourrait mettre sa vie en danger ».
Depuis le 7 octobre 2023, au moins 103 Palestiniens sont morts dans les centres de détention.
Thierry Flamand