Le 14 mai dernier, huit militants écologistes, opposés à une déviation routière à Saint-Péray, en Ardèche, s’étaient suspendus à un pont et avaient bloqué une voie ferrée. Ils avaient été interpellés puis brièvement incarcérés pour « mise en danger volontaire de la vie d’autrui », et « entrave à la circulation ». Pour les identifier, la police les avait photographiés à leur insu puis utilisé un outil de reconnaissance faciale. Ce qui est rigoureusement interdit par la loi sauf dans le cadre d’enquêtes pour crime ou délit grave. C’est en s’appuyant sur ce « procédé déloyal » que le tribunal les a tous relaxés. Cela dit, il est de notoriété publique qu’un nombre grandissant de policiers et de gendarmes utilisent en toute illégalité la reconnaissance faciale lors de simples contrôles d’identité, leurs portables étant équipés d’un logiciel spécialement conçu à cet effet et contenant plusieurs millions de photos et de fiches d’identité. Et leur hiérarchie ferme les yeux. Entre respect des droits individuels et flicage à grande échelle de la population, elle a fait son choix.