On a tendance à l’oublier, mais l’ascenseur, en assurant 100 millions de trajets quotidiens couvrant un million de kilomètres, est le principal moyen de transport. Et les pannes à répétition (1,5 million par an) pourrissent la vie des habitants. Elles constituent une véritable assignation à résidence, qui entrave l’exercice de la liberté fondamentale d’aller et venir.
C’est ainsi que, suite à une inondation, tous les ascenseurs du 13, rue Pablo-Neruda à Petit-Quevilly (76), qui desservent 12 étages sont hors d’usage depuis plus d’un mois. Des personnes âgées ou handicapées, ou parfois avec des bébés, sont bloquées dans leur appartement. Certaines ont dû reporter des rendez-vous médicaux importants.
Comme partout, les ascensoristes pratiquent la politique du flux tendu ou du zéro stock de pièces détachées pour justifier des délais de réparation de plus en plus longs.
Une loi sur les pannes d’ascenseurs a bien été votée à l’Assemblée nationale fin 2025, mais les décrets d’application ne sont pas encore sortis. Elle prévoit des mesures d’accompagnement au-delà de huit jours de panne : portage de ravitaillement, accès aux soins pour les personnes à mobilité réduite. Des sanctions sont également prévues à l’encontre des ascensoristes qui n’auraient pas suffisamment de stock pour pallier les pannes les plus courantes. Le « on a commandé les pièces, on les attend » ne sera plus recevable.
En attendant, rien. Silence radio. Devant l’inertie des décideurs (syndic, mairie PS, entreprise ascensoriste TKE) les résidents se sont constitués en collectif et sont passés à l’action : rassemblements, tractages. Ils proposent à ces mêmes décideurs de monter 11 étages à pied, un sac de courses dans chaque main, ou avec un bébé en poussette, afin de se rendre compte de la situation. Ils exigent une réparation immédiate, ainsi que des mesures compensatoires.
Un immeuble sans ascenseur, ce n’est pas vivable !
13 avril 2026, Correspondant