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Brèves

L’actualité en bref

La cour d’appel de Paris a relaxé Josu Urrutikoetxea Bengoetxea, 76 ans, dit Josu Ternera, une figure historique de l’organisation nationaliste basque ETA, qui était jugé pour association de malfaiteurs terroriste. Mais le militant basque n’en a pas fini pour autant avec la justice. En effet l’Espagne réclame son extradition pour sa participation supposée à un attentat meurtrier qui remonte… à 1987. La fin définitive de la lutte armée d’ETA a été proclamée en octobre 2011 et, le 3 mai 2018, Ternera était l’une des deux personnes annonçant la dissolution d’ETA, après soixante ans d’existence. Ce qui n’a jamais empêché les autorités espagnoles de continuer à s’en prendre à lui et à d’autres militants basques, légalement ou illégalement, en organisant notamment des opérations secrètes d’enlèvements et d’assassinats. Et, aujourd’hui, quinze ans après la fin de la lutte armée, des centaines de militants basques croupissent toujours en prison. Quant aux policiers, gardes civils et barbouzes coupables d’avoir assassiné des Basques, ils n’ont pratiquement jamais été inquiétés.

L’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi qui assurera le droit de chaque enfant à disposer d’un avocat dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative et de protection de l’enfance, notamment lors des audiences des juges pour enfants. C’est une avancée significative pour la protection de tous les mineurs qui ont, directement ou indirectement, affaire à la justice. Elle a été saluée par les associations spécialisées dans la défense des droits de l’enfant qui attendent de voir comment maintenant elle sera mise en pratique. Jusqu’à présent ce droit à la présence d’un avocat était laissé à la seule discrétion du juge et, dans la pratique, seuls 7 % des enfants en bénéficiaient. Or 300 000 enfants sont directement concernés. Reste à savoir  maintenant s’il y aura suffisamment d’avocats disponibles pour que cette nouvelle loi soit effectivement appliquée. 

« Absurde », « déconnecté », « scandaleux » sont quelques uns des adjectifs que l’on retrouve sur les réseaux sociaux pour commenter la photographie de la reine Camilla avec l’autrice J.K. Rowling à laquelle on doit la saga Harry Potter. Les deux femmes se sont rencontrées au palais de Holyroodhouse en Écosse et étaient, parait-il, réunies par « leur passion commune pour les livres et un engagement profond en faveur de la lecture pour le plaisir chez les enfants ». Sauf que Rowling n’est pas seulement une romancière à succès. Elle est aussi connue outre-Manche pour ses positions transphobes. Elle ne rate jamais une occasion d’exprimer son hostilité à l’égard des femmes trans. Ainsi, en mars dernier, elle avait applaudi la décision du Comité olympique d’écarter les femmes transgenres des épreuves féminines. Depuis plusieurs années elle a fait du combat anti-trans une véritable obsession. Au point de se couper d’une partie des fans de Harry Potter. Et que la reine s’affiche à ses côtés a été considéré par beaucoup comme une véritable provocation.

Après plusieurs rebondissements la loi de programmation militaire réactualisée a été votée par l’Assemblée nationale. Elle accorde une rallonge de 36 milliards d’euros d’investissements au budget des armées, prévoit un réarmement massif en munitions et en drones, et crée aussi un nouvel « état d’alerte de sécurité nationale » qui vient s’ajouter à l’arsenal des régimes d’exception déjà prévus par la Constitution, comme l’état d’urgence, l’état de siège ou la mobilisation générale. Concrètement, l’État aura les mains libres pour restreindre un peu plus les droits démocratiques dans tous les domaines en cas de « menace » ennemie plus ou moins clairement précisée. Une innovation qui inquiète, à jute titre, les associations de défense des libertés. Un pas de plus pour conditionner l’opinion publique à la marche vers la guerre.

Le groupe bancaire BNP Paribas et d’autres sociétés hexagonales ont investi des dizaines de millions de dollars dans GEO Group, la société privée chargée par Trump de la gestion des camps de rétention où croupissent des dizaines de milliers de personnes arrêtées par l’ICE, la sinistre police de l’immigration. Pourtant en 2019, BNP Paribas s’était engagée à ne plus financer les gestionnaires de prisons privées américaines. Une résolution qui n’a pas tenu longtemps. Fin 2024 après la réélection de Donald Trump, la multiplication des expulsions de masse qui ont suivi et l’ouverture de nouveaux camps ont fait bondir de 40 % les actions de GEO. BNP Paribas a flairé la bonne affaire et a investi 43 millions de dollars. De son côté le Crédit agricole a aussi investi plus de deux millions de dollars dans la dette d’un prestataire de l’ICE. Malheureusement pour nos banquiers tricolores la conjoncture s’est retournée, l’action de GEO a dégringolé et ils y ont laissé quelques plumes. À vos mouchoirs…

Lors d’une conférence de presse le directeur général de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme. a plaidé pour interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009 et faire ainsi émerger une « génération sans tabac ». Et de rappeler que le Royaume-Uni avait récemment voté une telle mesure, devenant le deuxième pays du monde à le faire, après les îles Maldives. Il a poursuivi : « Il n’y a pas de raison d’être plus bête qu’eux, la France est capable de faire ça », alors qu’aujourd’hui, « malgré tout ce qui a été fait (affichages sur les paquets, hausse des prix…) on reste mauvais par rapport à nos voisins ». C’est un problème bien réel. On estime que chaque année dans le pays près 70 000 personnes meurent des effets directs et indirects du tabagisme (cancers, maladies cardiaques et pulmonaires, etc.). Mais c’est un domaine où les interdictions ont peu de poids, les utilisateurs trouvant toujours un moyen de contourner la loi ou se rabattant sur d’autres drogues. C’est un phénomène de société que l’on ne peut combattre que par l’éducation et l’accompagnement.

Il y a deux mois, sept bars queers parisiens et de la petite couronne (Montreuil) cosignaient une pétition pour dénoncer des discriminations homophobes systématiques et les conséquences économiques sur leurs établissements. Et de citer pêle-mêle jets de vinaigre ou de javel sur les façades, drapeaux aux couleurs arc-en-ciel arrachés et piétinés, plaintes pour nuisances sonores infondées, etc. Et les attaques continuent. Les plaintes qu’ils déposent dans les commissariats sont la plupart du temps classées sans suite, certains policiers considérant comme « preuves irrecevables » menaces de mort et insultes. Par contre la police multiplie les amendes et les fermetures administratives. La mairie de Paris leur a apporté son soutien mais l’extrême droite continue de les cibler. Un exemple parmi beaucoup d’autres d’une société malade de l’homophobie et de la transphobie.

À la suite d’un conseil d’administration de l’Unédic – l’organisme paritaire géré par les partenaires sociaux qui administre le régime d’assurance chômage et fixe les modalités d’indemnisation – les représentants des organisations patronales ont décidé de refuser toute revalorisation des allocations chômage, et ce malgré l’inflation. Une première depuis dix ans. La dernière hausse de ces allocations (+0,5 %) remontait à juillet 2025. De leur côté les confédérations syndicales proposaient une augmentation de 2,41 %, correspondant à l’augmentation du Smic et à l’inflation constatée sur les douze derniers mois. Pour justifier son refus, le patronat explique qu’il juge « prioritaire de rétablir les finances publiques, et donc de diminuer la dette de l’Unédic ». Régulièrement, les droits des privés d’emploi sont attaqués ou réduits par le gouvernement et le patronat qui marchent main dans la main. Pourtant cette allocation n’est pas un luxe. Selon les propres chiffres de l’Unédic plus de la moitié des 2,7 millions de personnes indemnisées touchent actuellement moins de 1 000 euros net mensuels tandis que l’allocation moyenne s’élève à 1 040 euros…

À une semaine de la décision de la cour d’appel de Paris dans le procès des assistants parlementaires de l’ex-Front national, qui décidera de la candidature de Marine Le Pen à l’Élysée l’an prochain, le Parquet européen de Bruxelles a fait savoir que des perquisitions étaient en cours sur des soupçons de détournement de fonds européens par le groupe d’eurodéputés « Identité et démocratie » où siégeait… le Rassemblement national dirigé sur place par Jordan Bardella. Ces malversations porteraient sur un montant de plus de 4,3 millions d’euros de 2019 à 2024. Dans le cadre de cette affaire, des perquisitions ont eu lieu en France, en Espagne, en Italie et en Belgique. Enfin l’association anti-corruption Anticor a porté plainte contre le même Bardella qu’elle accuse d’avoir occupé en 2015, et pendant plusieurs mois, un emploi fictif payé avec l’argent du Parlement européen. Le RN est très critique des dépenses de l’Union européenne, mais ça ne l’empêche pas de s’en servir pour arrondir ses fins de mois.