Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le 28 janvier 2025, l’Assemblée nationale votait, à l’unanimité, une loi visant à améliorer la prise en charge par la Sécurité sociale des soins liés au cancer du sein. Le texte prévoyait la création d’un second forfait dédié au financement des produits prescrits (crème, gel, vernis, pansements, etc.) qui ne sont pas remboursés et pèsent lourd dans le budget : le reste à charge peut s’élever entre 1 500 et 3 000 euros. Ce type de cancers touche chaque année au moins 60 000 personnes. Mais le ministère de la Santé, sans doute à la recherche d’économies, n’a toujours pas publié les décrets d’application pour rendre la loi effective. Ses deux rapporteurs devant la Chambre des députés et le Sénat, Yannick Monnet et Cathy Apourceau-Poly, tous deux membres du PCF, ont annoncé le lancement d’une pétition pour demander au gouvernement… d’appliquer la loi. Comme quoi la légalité républicaine est fortement à géométrie variable.

Neuf travailleuses d’un salon de coiffure et de beauté afro situé boulevard de Strasbourg, dans le 10e arrondissement, ont été finalement régularisées par la préfecture de police après une grève avec occupation qui avait commencé le 3 mars dernier. Elles se battaient d’abord pour obtenir un titre de séjour mais également pour toucher des arriérés de salaires qui leur étaient – et leur sont toujours – dûs. Les autorités ont considéré qu’elles étaient « des victimes potentielles de traite des êtres humains ». Une victoire qui ne peut qu’inciter d’autres travailleurs sans papiers à suivre le même chemin, celui de la lutte.

Incarcéré pendant deux ans en Égypte à la suite de la révolution de 2011, Ramy Shaath avait été libéré et avait retrouvé son épouse en France en 2022. Mais son action de solidarité avec la Palestine est jugée suspecte par les autorités, qui ont entamé une procédure pour l’expulser. On lui reproche son implication dans « Urgence Palestine » et sa dénonciation des crimes commis par Israël à Gaza, en Cisjordanie et au Liban. Il est convoqué le 21 mai à 14 heures au tribunal judiciaire de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, où il habite avec sa famille. Des syndicats, des associations et des organisations diverses appellent à se rassembler devant le tribunal pour demander l’arrêt de la procédure prise à son encontre. Solidarité avec Ramy Shaath !

L’ONG Foodwatch a détecté, dans 49 produits sur 64 testés en laboratoire, des résidus de pesticides interdits « du fait de leur dangerosité pour la santé et l’environnement ». L’association a fait analyser des aliments élaborés en dehors de l’Union européenne : riz, thé, épices. Parmi les 15 produits analysés, commercialisés notamment en grande surface, 12 sont contaminés par des résidus de pesticides qu’il est pourtant interdit de produire, d’utiliser et d’exporter en France. Plus largement, toutes les épices (Albert Ménès, Ducros, Intermarché) et tous les thés (Carrefour, Leader Price, Lipton, Monoprix, Twinings) testés sont contaminés. Foodwatch dénonce une forme d’hypocrisie au sein de l’Union européenne : Bruxelles autorise toujours la production sur le continent de pesticides interdits… à la condition qu’ils soient exportés. Mais ils reviennent ensuite « comme un boomerang » sur les étals européens via des importations de matières premières. Les choses ne risquent pas de s’améliorer car, sous la pression des trusts de l’agro-alimentaire, la Commission européenne envisage d’assouplir encore un peu plus une législation déjà bien laxiste.

Plus de cent-trente ans après leur mort, le Sénat a donné son feu vert à la restitution à la Guyane des dépouilles de six Amérindiens enfermés dans les « zoos humains », des expositions organisées en Métropole qui étaient supposées montrer au bon peuple les « indigènes » ou les « sauvages » que la France « civilisait » à la schlague en Asie, en Afrique ou en Asie. Les dépouilles restituées à la Guyane sont celles d’Indiens issus des peuples Kali’nas et Arawaks, exhibés au Jardin d’acclimatation à Paris en 1892, et qui ne survécurent pas à l’hiver en raison de leurs conditions d’hébergement ignobles. Après leur mort, leurs dépouilles furent exhumées à des fins « anthropologiques » à la fin du 19e siècle. Depuis lors, elles ne sont jamais sorties des collections du Muséum national d’histoire naturelle. Ces collections étant réputées « inaliénables », il faut une loi spécifique pour permettre la restitution de ces dépouilles à leurs familles et à leurs peuples. Après le Sénat, c’est l’Assemblée nationale qui devra se prononcer. Une histoire aux relents de racisme, de mépris des droits humains et de mort dont se rendit coupable le colonialisme français triomphant.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a convoqué une réunion d’experts face à la rapide progression de l’épidémie d’Ebola, déjà à l’origine de 131 décès présumés en république démocratique du Congo et de plus de 500 cas suspects. Son directeur général s’est dit « profondément préoccupé par l’ampleur et la rapidité de la contagion » alors que l’Agence sanitaire de l’Union africaine a déclaré une « urgence de santé publique » continentale. Il n’existe aucun vaccin connu contre le variant de ce virus et le seul remède efficace est le confinement qui demande la collaboration de la population. Ce qui n’est pas évident dans un pays pauvre, sur-exploité par l’impérialisme, où les transferts de population sont nombreux et dont une partie du territoire est ravagé par une guerre civile. Pour surmonter l’épreuve, le Congo aurait besoin d’une aide médicale internationale de grande ampleur. Qui pour l’instant n’arrive pas. Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, se sont officiellement retirés de l’OMS et ont réduit leurs financements destinés à leur Agence pour le développement international (USAid), très impliquée dans la réponse aux précédentes flambées d’Ebola en Afrique. La seule décision qu’ils ont prise a été de fermer leurs frontières aux personnes originaires de cette région. L’épidémie va donc continuer de prospérer.

Inter Ikea Group, la holding qui chapeaute Ikea et compte pas moins de 27 700 salariés à travers le monde, a annoncé qu’il supprimait 850 emplois. Son directeur financier, Henrik Elm, a expliqué que ces suppressions d’emplois allaient permettre au groupe de faire preuve de plus de « simplicité et de rapidité » afin de gagner des parts de marché. Et, encore une fois, ce sont les salariés qui trinquent.

Les propos de Maxime Saada, le patron de Canal+, menaçant de ne plus financer les films où seraient impliqués les 600 signataires d’une tribune critique envers Vincent Bolloré parue dans Libération, ont semble-t-il eu pour l’instant l’effet inverse de celui escompté. Selon le collectif « Zapper Bolloré », en moins de 24 heures, 651 personnes supplémentaires appartenant au monde du cinéma ont signé la tribune contestée. Pour les signataires, les menaces de Saada ne font que confirmer les craintes exprimées quant à la mainmise du milliardaire breton sur le cinéma. Notons que ce dernier a reçu, sans surprise, le soutien du Rassemblement national, bien connu pour son combat pour la liberté d’expression et le pluralisme des idées…

Depuis plusieurs années, Macron avait fait de la baisse durable du chômage un marqueur de sa politique économique et une promesse qui se voulait « emblématique » de son second quinquennat. L’objectif affiché était clair : faire tomber le taux de chômage à 5 %, ce qu’il considérait comme celui du plein emploi. Pour ce faire, il a multiplié les mesures répressives à l’égard des demandeurs d’emploi, s’attaquant pêle-mêle au montant et à la durée de leur indemnisation, imposant des sanctions pour tout manquement administratif, etc. Mais rien n’y a fait. Dès février, l’Insee attestait d’une hausse de 0,6 point sur un an, pour atteindre 7,9 % et au premier trimestre la barre des 8 % était dépassée. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, vient de reconnaître que l’objectif fixé par le chef de l’État était inatteignable. Ce qui n’empêchera évidemment pas le gouvernement de continuer à matraquer les chômeurs et les plus modestes et à leur faire les poches… au nom notamment du retour au plein emploi.