Nos vies valent plus que leurs profits

Dans la chimie lyonnaise, autour et ailleurs : non aux licenciements !

Jeudi 25 juin. Une centaine de militants ouvriers sont rassemblés devant l’usine Kem One, malgré la canicule, pour dénoncer les suppressions d’emplois à court ou moyen terme prévues dans le couloir de la chimie, une zone qui s’étend sur toute la banlieue sud de Lyon.

À l’occasion de cette journée, les travailleurs de Kem One étaient appelés à la grève. Depuis des années, l’usine est rachetée tour à tour par divers fonds d’investissements, qui laissent mourir le site petit à petit, cherchant à tirer un maximum de profits sur place, tout en investissant le minimum et laissant, donc, les conditions de travail se dégrader. Les salariés, inquiets pour leur avenir, ont bien raison de ne pas attendre l’annonce d’un plan de licenciements pour se battre ! Car dans leur combat pour sauver leur sort, les travailleurs et travailleuses ne peuvent compter que sur leurs propres forces. L’État et les pouvoirs publics se placent en permanence du côté du patronat. Quant aux attaques, qu’elles viennent de fonds d’investissements internationaux ou de patrons bien français, il s’agit toujours de donner des coups au monde du travail pour lui faire suer toujours plus de profits : c’est bien contre le système capitaliste dans son ensemble qu’il faudra lutter !

De partout, les travailleurs font face aux licenciements, et même aux fermetures d’entreprises. Sur la région lyonnaise, le couloir de la chimie représente à lui seul environ 5 000 emplois directs et indirects. Ce sont autant de travailleurs qui pourraient se coordonner pour frapper ensemble. En tout cas, des initiatives comme cette journée du 25 juin sont utiles à la construction d’un tel mouvement. Et si une entreprise, voire plusieurs, arrivaient à impulser la lutte en s’adressant aux autres, elle deviendrait un solide appui pour l’ensemble des travailleurs attaqués.

Stanislas Erren