Nos vies valent plus que leurs profits

Il n’y a pas que l’État qui peine à boucler son budget !

La nouvelle hausse du prix de l’essence aggrave le casse-tête budgétaire des ménages populaires. On entend ici ou là certains collègues hésiter à venir travailler, tant le coût de transport avale une part significative du salaire. En moyenne, les familles dépensaient déjà 14 % de leurs revenus pour les transports en 2017 (dernier chiffre disponible). Or, qu’il s’agisse de l’achat du véhicule, de son entretien, du carburant ou des abonnements de transport en commun, ce sont autant de domaines où les prix ont explosé ces dix dernières années. Le prix d’achat d’une voiture a augmenté de plus de 10 000 euros en moyenne depuis le Covid. Il faut aujourd’hui deux années de Smic pour en acquérir une neuve. Autant dire, que ce n’est pas pour tout le monde !

Le coût des transports augmente d’autant plus avec l’étalement urbain, favorisé par la hausse des loyers. De plus en plus de familles populaires s’éloignent des centres-villes, et de leur travail, pour trouver un logement, qui reste malgré cela à peine abordable. Mais c’est économiser d’un côté pour payer plus de l’autre, dans un jonglage précaire entre dépenses de loyer et de transports.

Pris en tenaille, le revenu dit « arbitrable » se réduit à peau de chagrin. Il s’agit du revenu qui reste après avoir payé les factures qui tombent tous les mois (loyer, charges, assurances, abonnements divers, etc.). Ces dernières dépenses, dites « pré-engagées », représentent aujourd’hui 30 % du budget des ménages (et même 40 % pour les ménages pauvres), contre 15 % il y a soixante ans. Avec le reste, les ménages populaires doivent surtout « arbitrer » entre se nourrir et se chauffer. Or, entre mars 2020 et fin 2025, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 25 % en moyenne et ceux de l’énergie de 34 %, soit bien au-delà de la moyenne des prix (+ 16 %)… et surtout des salaires !

Maurice Spirz

 

 


 

 

Sommaire du dossier de Révolutionnaires no 55