
La semaine dernière, un bus de la RATP a percuté un arbre, porte de Saint-Cloud à Paris : le conducteur avait perdu connaissance du fait de la chaleur. Il faut dire que, selon notre camarade Selma Labib, conductrice de bus et candidate du NPA-Révolutionnaires à la prochaine présidentielle, « les surfaces dans les bus – les plastiques, les sièges, le volant – dépassent largement les 40 °C : on a pris des mesures de températures jusqu’à 47 °C au poste de conduite, et jusqu’à 59 °C sur les pare-brise à l’arrière ». Dans les hôpitaux, les Ehpad, les écoles, la situation est insupportable pour le personnel, et pire encore pour les malades, les personnes âgées, les enfants, particulièrement fragiles. À Rueil, des lycéens ont passé les oraux du bac de français dans un parking souterrain ! Et la situation dans les hôpitaux devient critique avec l’afflux de personnes en détresse du fait de la canicule.
Quand il s’agit de « répondre » à un acte de violence, les Darmanin, les Retailleau se dépêchent de sortir une loi de circonstance. Mais là, comme par hasard, l’idée ne leur vient pas de sortir un décret interdisant le travail dès que la température dépasse 28 °C, comme l’a réclamé la CGT. Non, bien au contraire, Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, a déclaré : « On ne va pas mettre le pays à l’arrêt parce qu’il fait 30 degrés. » C’est surtout la pompe à profits qu’il ne veut pas arrêter ! Le genre de déclaration qui met en rage et donne envie d’arracher son auteur à son bureau climatisé et l’envoyer bosser sur un toit en plein soleil !
Dans le concert des « circulez, y’a rien à voir », il ne manquait que Macron, qui s’est dépêché de vanter son action dans ce domaine pendant ses deux mandats. Comment se fait-il alors que, alors que les experts alertent depuis 35 ans sur le réchauffement climatique et les adaptations à mettre en place, les Ehpad, les hôpitaux, les écoles, les transports publics ne soient pas correctement isolés, climatisés quand nécessaire ? La végétalisation des cours de récréation dans les écoles, l’isolement des bâtiments, la débétonisation des surfaces urbaines : où et quand s’en est-il occupé ? Au contraire : le budget du « Fonds vert » – destiné, justement, à la transition climatique – a été divisé par trois, alors qu’il n’était de toute façon pas à la hauteur. Et, le 28 mai dernier, en plein milieu de la première canicule, le gouvernement a décidé de dissoudre un groupe de recherche sur la transition écologique, l’Epau ! Tout ce que Macron a fait, c’est tailler dans le budget des hôpitaux, des écoles pour pouvoir dégager de quoi arroser ses amis du grand patronat : pendant que les services publics partent à vau-l’eau, chaque année, l’État dépense 211 milliards, en subventions diverses au patronat.
Et que dire de Bardella, l’ardent défenseur des patrons, qui se découvre soudain une passion pour les climatiseurs ? Son parti a toujours voté pour les mesures permettant aux patrons d’exploiter davantage les salariés et la planète, de polluer toujours plus !
Comme pendant la pandémie de Covid-19, c’est à nous de nous débrouiller pour faire face. Dans certaines entreprises, comme Stellantis, des travailleurs ont cessé le travail. Ailleurs, ils ont exercé leur droit de retrait. Dans les hôpitaux ou les Ehpad, le personnel demande des coupures et des journées de travail réduites ainsi que du matériel pour préserver un public particulièrement fragile.
Cette société dégouline de richesse, une richesse que nous produisons : c’est nous qui devrions décider de son emploi, notamment pour mettre en place les nombreuses solutions que les scientifiques du climat proposent.
Nous travaillons et nous produisons tout : c’est à nous décider quand, comment et si l’on doit bosser. Alors, pas question de risquer notre santé et celle des personnes dont nous avons la charge en travaillant comme si de rien n’était !
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 29 juin 2026