Nos vies valent plus que leurs profits

Marseille : se défendre contre les classes défense

Le collège Arthur Rimbaud de Marseille, l’un des plus pauvres de la ville, est la cible parfaite des classes défense, ces dispositifs développés par le gouvernement pour recruter de la chair (fraîche) à canon. Un enseignant d’histoire, bon soldat, y rêvait d’un partenariat avec la marine nationale basée à Toulon. Si le projet avançait en catimini, l’équipe enseignante n’a pas laissé faire.

À force de discussions et de travail d’information, où le personnel a découvert que le gouvernement ciblait principalement les élèves de « REP, REP + et des zones rurales isolées » comme le disent les documents officiels, les collègues ont été en plus nombreux à refuser que leur établissement devienne une vitrine de recrutement pour l’armée. Alors qu’il était prévu que l’inspecteur en charge des classes défense dans l’académie vienne défendre le projet lors du conseil d’administration, la direction a préféré reculer. Le vote a été annulé, aucune classe défense n’ouvrira à la rentrée. La convention avec la marine nationale a pris l’eau, pourvu qu’elle pourrisse dans les abysses !

Correspondante