Nos vies valent plus que leurs profits

Dassault : le droit de grève dans le viseur

Quelques dizaines de travailleurs de Dassault ont reçu des avertissements pour avoir fait grève le lundi de la Pentecôte, devenu « journée de solidarité ».

Une sacrée attaque

Les CGT de Dassault à Cergy et Martignas avaient appelé à faire grève contre le travail gratuit pour dénoncer cette fameuse « solidarité » qui ne pèse que sur les travailleurs et ne profite pas aux personnes âgées à part Bernard Arnault, Vincent Bolloré ou Laurent Dassault.

La direction a déclaré que la grève était illégale, en prétextant que cette décision avait été prise lors des NAO. Et ? Pour éviter tout écrit, Dassault a fait annoncer la nouvelle par des agents de maîtrise. Ces menaces orales n’ont pas eu l’effet escompté et quelques semaines après, la boîte a distribué des avertissements aux grévistes, tout en proposant à certains de poser un jour rétroactivement pour éviter tout problème.

À quoi joue Dassault ?

La CGT se montre optimiste quant aux chances de gagner en justice – cela devrait effectivement être une évidence. L’annonce même que l’entreprise considérait la grève comme illicite a pu refroidir des collègues. Et les avertissements n’ont pas démoralisé ceux qui les ont reçus, mais pourrait agir comme un repoussoir dans les prochaines luttes. L’objectif de Dassault est d’intimider par ce genre de coup de pression même s’il est manifestement illégal. Le tout dans un contexte où les cadences augmentent et où des grèves qui ralentiraient la livraison de Rafale, par exemple, entacheraient l’image et les marges de l’avionneur. Le seul moyen de défendre notre droit de grève, c’est de l’exercer en nombre.

Correspondante